Selon la mise en demeure d’évacuation adressée par la direction provinciale de l’Équipement, du Transport et de la Logistique de Benslimane, les propriétaires de villas de la baie de Bouznika sont qualifiés de simples «exploitants de terrains» sur lesquels ils ont bâti sans titre foncier.
Dans sa lettre consultée par Le360, le directeur provincial de ce département rappelle avoir suspendu, dès 2014, les autorisations d’exploitation des villas en question. Il menace désormais d’engager rapidement «toutes les démarches administratives, juridiques et judiciaires nécessaires à leur encontre, en recourant même à l’évacuation des lieux par la force publique, conformément aux lois relatives à la protection du domaine public».
De son côté, l’Association de Bouznika Plage confirme que ses membres viennent de recevoir cet avis. Dans un document, elle précise que des mises en demeure émanant de la direction provinciale «ont été délivrées par huissier de justice à de nombreux résidents de Bouznika Plage, les sommant d’évacuer les parcelles sur lesquelles sont érigées leurs résidences balnéaires pour les remettre nues, dans leur état d’occupation initial».
Selon l’association, les conclusions d’une expertise ont pourtant démontré «juridiquement que tous les cabanons de la plage de Bouznika sont situés sur des titres fonciers du domaine privé de l’État, et non sur le domaine public maritime». Elle ajoute que la direction provinciale avait par la suite lancé «une étude consistant à épouser le tracé empirique établi dans le cadre de l’accord des années 1990 entre la société immobilière privée Capri et le ministère de l’Équipement — un tracé qui ne repose pas sur l’application effective du Dahir et des règlements pertinents pour la délimitation du Domaine public maritime».
Pour rappel, les occupants de ces terrains — tous d’anciens hauts commis de l’État — ont bénéficié, il y a plus de trois décennies, de l’autorisation de s’installer sur ces parcelles surplombant la baie. Des rumeurs non confirmées font désormais état de la possibilité de céder à des investisseurs étrangers les terrains libérés après la démolition des constructions visées par les mises en demeure. Affaire à suivre.




