À Bouznika, les autorités s’apprêtent à lancer une vaste opération de récupération du domaine public maritime. Environ 350 villas et cabanons sont menacés de démolition, officiellement au motif qu’ils empiètent sur le littoral. Plusieurs propriétaires contestent toutefois cette justification. Ils estiment que les terrains ainsi libérés sont destinés à accueillir un important projet touristique et résidentiel porté par un groupe émirati, et dénoncent une opération menée sans véritable concertation.
La famille El Mansouri, propriétaire d’une villa désormais menacée par les bulldozers des autorités locales de Bouznika, conteste l’argument selon lequel les constructions seraient illégales sur le domaine public maritime. Elle affirme qu’aucun document administratif ne lui a été notifié en ce sens.
«C’est le ministère de l’Équipement qui a suspendu, sans préavis, le prélèvement des taxes liées à l’exploitation», dénonce Nadia El Mansouri. Retenant difficilement ses larmes, elle rappelle que «c’est la résidence principale de mon père depuis plus de 30 ans. Nous avons toujours payé les taxes et fait raccorder la villa aux réseaux d’eau et d’électricité. Nos enfants sont nés ici. Pourquoi veut-on aujourd’hui nous déloger?», s’interroge-t-elle. Elle annonce son intention de lancer une campagne de sensibilisation et de solidarité auprès de l’opinion publique.
Nadia El Mansouri affirme également que sa famille est prête à acquérir le terrain sur lequel est construite la villa. Elle rejette par ailleurs l’argument de l’occupation du domaine public maritime, faisant valoir que ces terrains sont destinés, selon elle, «à la construction de résidences de luxe».
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Cette campagne de démolition s’inscrit dans le cadre de la récupération du foncier côtier en vue de la réalisation d’un vaste projet touristique et immobilier porté par un groupe émirati. Celui-ci s’inscrit dans les préparatifs de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.
Son père, Moulay Abdellah, 92 ans, colonel à la retraite, a préféré garder le silence face à ce qu’il considère comme «une telle injustice». C’est sa seconde fille qui a pris la parole en son nom: «C’est déloyal envers les serviteurs de l’État qui ont consacré leur vie au service de la nation.»
Sur place, un comité de riverains examine actuellement la situation avant de rendre publique sa position officielle.



