Le RNI, le parti d’Akhannouch qui n’a pas tenu ses engagements pendant cinq ans, est-il légitime à faire de nouvelles promesses?

Aziz Akhannouch, chef du gouvernement sortant.

Cinq ans après les promesses fastes du slogan #TuMéritesMieux et l’avènement d’un «État social» brandi comme un viatique, le bilan du quinquennat 2021-2026 dirigé par le RNI s’apparente à un abîme. Entre inflation galopante, chômage record, services publics asphyxiés et réformes sociales enlisées dans les méandres bureaucratiques, retour sur un échec retentissant où la technocratie gouvernementale s’est fracassée sur le mur de la réalité.

Le 21/09/2026 à 14h44

En septembre 2021, sous le slogan faussement empathique de #TuMéritesMieux, le Rassemblement national des indépendants (RNI) se présentait aux électeurs marocains bardé de certitudes. Porté par une puissante machinerie électorale et la promesse d’un «État social» pragmatique, le parti d’Aziz Akhannouch assénait que son programme était «chiffré, crédible et réalisable». En prime, 5 engagements fermes et 25 mesures concrètes. Cinq ans plus tard, à l’heure du bilan, le contraste entre la prose incantatoire du manifeste électoral et la réalité socioéconomique vécue par les Marocains s’apparente à un abîme. Loin de la «voie de la confiance», le quinquennat dirigé par la coalition gouvernementale aux ordres du RNI restera, pour une écrasante majorité de citoyens, celui de la désillusion, de l’inflation galopante et de l’incapacité chronique à honorer les engagements pris.

Engagement par engagement, mesure par mesure, l’examen minutieux des promesses du RNI face au mur de la réalité révèle un échec retentissant.

Il y a d’abord eu les cinq engagements. En voici le bilan:

Une protection contre les aléas de la vie pour tous

Le RNI s’engageait à mettre en place des filets sociaux d’une «ampleur sans précédent», incluant un «revenu de dignité» pour les seniors de plus de 65 ans devant atteindre progressivement 1.000 dirhams par mois d’ici 2026, ainsi que la généralisation effective des allocations familiales à 300 dirhams par enfant.

S’il est vrai que le chantier royal de la généralisation de la protection sociale a été enclenché, son pilotage gouvernemental s’est heurté à une logique purement comptable et bureaucratique. Le fameux «revenu de dignité» s’est enlisé dans les méandres du ciblage restrictif par le Registre social unique (RSU), excluant de facto des millions de foyers vulnérables pourtant frappés de plein fouet par la flambée historique des prix des carburants et des denrées de première nécessité. Quant aux allocations familiales universelles, leur calendrier de déploiement effectif a subi de multiples reculades et distorsions, laissant les ménages modestes face à la dévaluation drastique de leur pouvoir d’achat, tandis que la promesse d’un État protecteur s’est transformée en un parcours du combattant administratif.

Des soins de santé de qualité pour préserver la dignité

Le parti au pouvoir jurait de «doubler le budget de la santé publique sur les cinq prochaines années», d’ériger le médecin de famille en pivot du parcours de soins, d’instaurer le tiers-payant et d’enrayer l’hémorragie de l’émigration médicale en revalorisant drastiquement le statut et les émoluments des soignants.

L’hôpital public marocain traverse la pire crise de son histoire moderne. Malgré les injections budgétaires cosmétiques, la pénurie structurelle de personnel soignant n’a fait que s’aggraver, l’exode massif des médecins vers l’Europe s’étant poursuivi dans l’indifférence quasi totale de l’exécutif. Les déserts médicaux se sont étendus, abandonnant le monde rural et les zones périurbaines à leur sort. Le «tiers-payant» et la fameuse carte sanitaire intelligente promise pour fluidifier l’accès aux soins se sont évaporés dans les limbes de la dématérialisation fantôme. Dans les faits, les citoyens continuent de financer leur santé de leur propre poche (out-of-pocket), l’accès aux soins de qualité demeurant un privilège de classe.

Un million d’emplois pour construire l’avenir

L’étendard programmatique du RNI reposait sur la création d’«un million d’emplois directs», adossé à un plan de relance musclé, le déploiement du programme d’entrepreneuriat Forsa, le sauvetage des TPME et l’injection de 250.000 postes via des chantiers de travaux publics.

C’est incontestablement le Waterloo économique du gouvernement Akhannouch. Loin de créer le million d’emplois promis, le marché du travail national a enregistré des taux de chômage records, franchissant allègrement la barre historique des 13% à l’échelle nationale (et culminant de manière alarmante chez les jeunes et les diplômés urbains). Le programme Forsa s’est révélé être un dispositif superficiel aux retombées macroéconomiques infinitésimales face à la destruction massive des postes de travail, accélérée par les vagues successives de sécheresse et l’inflation. Les TPME, étouffées par les délais de paiement et l’absence de soutien réel, ont fermé par milliers, actant l’incapacité absolue du parti au pouvoir à stimuler une croissance inclusive et génératrice de valeur.

Une école de l’égalité et du mérite

Le manifeste du RNI plaçait le capital humain au centre, promettant une revalorisation salariale majeure des enseignants, une refondation de l’école publique et l’égalité des chances dès le plus jeune âge.

Le secteur de l’éducation a été marqué par une conflictualité sociale inédite. Le gouvernement a brillé par son incapacité à dialoguer en amont avec la famille éducative, provoquant une paralysie quasi totale de l’école publique durant de longs mois de grèves historiques. La promesse de réhabilitation de l’enseignement public s’est traduite par une détérioration continue de la confiance des familles, accentuant la bascule vers un enseignement privé devenu le seul refuge pour ceux qui en ont les moyens, creusant ainsi un peu plus le fossé des inégalités sociales.

Une administration à l’écoute et un État transparent

Le parti promettait la modernisation de l’administration, la moralisation de la vie publique, la fin des conflits d’intérêts et une transparence totale dans la gestion des politiques publiques.

Le quinquennat aura été jalonné de controverses éthiques majeures concernant les interférences persistantes entre les intérêts politico-partisans et les grands oligarques aux commandes de l’exécutif, sur fond d’enrichissements spectaculaires dans les secteurs des hydrocarbures pendant que le citoyen moyen subissait la vie chère. La promesse d’une administration transparente s’est fracassée sur le mur d’une opacité gouvernementale récurrente, d’une déconnexion totale des élites dirigeantes face à la détresse sociale, et d’un sentiment généralisé de reniement de la parole donnée.

C’est d’autant plus vrai lorsqu’on s’attarde sur les 25 mesures du RNI. Cinq ans après l’accession de la coalition menée par Aziz Akhannouch à la tête du gouvernement, le passage en revue de ces 25 mesures phares du programme fait office de rapport d’autopsie.

Créer un revenu de dignité pour les seniors

La promesse consistait en un transfert monétaire progressif pour les plus de 65 ans en situation de précarité, débutant à 400 dirhams par mois dès 2022 pour atteindre 1.000 dirhams en 2026.

Enlisée dans les labyrinthes bureaucratiques du Registre social unique (RSU), cette promesse s’est heurtée à des critères d’exclusion draconiens. Des centaines de milliers de personnes âgées se sont vu refuser l’accès à ce revenu minimum, tandis que la flambée inflationniste des denrées de base a pulvérisé le pouvoir d’achat résiduel des seniors non couverts par un régime de retraite (soit plus des deux tiers d’entre eux).

Garantir la sécurité sociale pour tous les travailleurs

L’engagement était de généraliser la couverture médicale obligatoire (AMO) et d’ouvrir les droits à la retraite à l’ensemble des actifs, y compris les travailleurs informels et indépendants.

Si le chantier royal a été formellement déployé, sa mise en œuvre opérationnelle s’est traduite par un parcours du combattant kafkaïen pour les petits métiers, les artisans et les marchands ambulants. L’obligation de cotisation pour des populations aux revenus d’ores et déjà exsangues, sans accompagnement financier réel de l’État, a transformé ce droit constitutionnel en une source de stress fiscal et d’exclusion de fait.

Étendre l’assurance maladie pour tous, et en particulier les inactifs

La promesse était de subventionner les cotisations des ménages démunis et inactifs (femmes au foyer, anciens bénéficiaires du RAMED) pour une couverture universelle effective.

La transition du défunt RAMED vers le régime AMO-Tadamon s’est soldée par un chaos organisationnel dans les hôpitaux publics. Des millions de citoyens, censés bénéficier de la gratuité, se heurtent quotidiennement à des pénuries chroniques de médicaments et à l’obligation de payer de leur poche les analyses et équipements de pointe.

Offrir un soutien aux personnes en situation de handicap tout au long de la vie

Il s’agissait d’allouer un budget additionnel annuel de 100 millions de dirhams aux associations spécialisées dès la première année et de faciliter l’insertion professionnelle et l’accessibilité.

Les associations peinent toujours à boucler leurs budgets face à l’inflation, tandis que l’intégration des personnes en situation de handicap dans la fonction publique et les transports urbains est restée au stade de vœu pieux. Le fossé d’accessibilité s’est même creusé dans la plupart des régions.

Verser des allocations familiales pour chaque enfant

Il était question d’instaurer dès 2022 des allocations de 300 dirhams par mois et par enfant (jusqu’à 3 enfants), ainsi qu’une prime de naissance dégressive (2.000 dirhams pour le premier, 1.000 pour le deuxième).

Annoncées à grand renfort de communication comme imminentes, les allocations familiales universelles ont connu de multiples reports de calendrier et des restrictions de ciblage qui ont privé une large part des familles vulnérables de ce soutien salvateur en pleine tempête inflationniste.

Doubler le budget de la santé publique

L’objectif était d’atteindre la norme de l’OMS en matière de personnel soignant (2,3 pour 1.000 habitants), d’enrayer l’émigration des médecins et de doubler l’enveloppe budgétaire sectorielle.

L’exode massif des blouses blanches vers l’Europe n’a jamais été aussi fort, faute d’une revalorisation statutaire et salariale digne. L’hôpital public souffre d’un déficit chronique d’attractivité, de plateaux techniques obsolètes et de déserts médicaux béants en milieu rural.

Ériger le médecin de famille en point d’entrée du parcours de soins

L’annonce était de réorganiser le maillage de la santé primaire (un médecin pour 300 à 400 familles) pour désengorger les urgences hospitalières.

Faute d’effectifs suffisants et de structures de proximité réhabilitées, le concept du médecin de famille est resté lettre morte. Les urgences des hôpitaux publics demeurent des goulets d’étranglement saturés où la détresse le dispute au délabrement.

Des examens gratuits pour suivre la grossesse et les nouveau-nés

Le vœu était d’assurer un suivi médical gratuit (à 3, 6 et 9 mois) et de systématiser le dépistage précoce des troubles de la vision et de l’audition (ainsi que la prise en charge des implants cochléaires).

Dans le monde rural et les périphéries urbaines, près d’une femme enceinte sur deux subit un suivi prénatal insuffisant, voire inexistant. Les listes d’attente pour les interventions spécialisées dans le public (comme l’implantation cochléaire) se comptent en années, condamnant les familles les plus pauvres à l’abandon.

Le tiers-payant pour les consultations, les soins et le médicament

La mesure entendait doter chaque citoyen d’une carte de santé à puce pour éliminer les avances de frais et les exigences de chèques de garantie dans le privé.

La carte sanitaire intelligente et le système généralisé du tiers-payant n’ont jamais vu le jour. Les cliniques privées continuent d’exiger des cautions exorbitantes avant toute admission en urgence, et le taux de remboursement des soins reste dérisoire.

Instaurer le fonds Zakat Al Mal et diriger la moitié des dons vers le financement de la santé

Il était question d’institutionnaliser la collecte de la Zakat Al Mal via une fondation autonome pour financer la prise en charge des maladies chroniques.

La mesure, purement incantatoire et théologique, a été brandie pour éluder les responsabilités budgétaires de l’État. Ce projet n’a jamais été concrétisé sous une forme institutionnelle transparente et opérationnelle.

Un million d’emplois

Plus qu’un engagement (voir ci-haut), il s’agissait également d’une mesure. Le gouvernement jurait par tous les saints être en capacité de créer un million d’emplois directs pour relancer l’économie après le Covid-19. Le fiasco est total. Au lieu d’un million d’emplois créés, le Maroc a battu des records historiques de chômage (dépassant les 13%). Le dispositif Forsa s’est révélé bureaucratique, élitiste et d’un impact macroéconomique microscopique face à la destruction massive des postes de travail.

Encourager la production nationale et soutenir la compétitivité du «Made in Morocco»

Il s’agissait de réserver 30% des marchés publics aux TPME, coopératives et auto-entrepreneurs, et de remplacer 34 milliards de dirhams d’importations par la production locale.

Étouffées par des délais de paiement abyssaux (notamment dans la commande publique) et l’explosion des coûts des matières premières, des dizaines de milliers de TPME ont mis la clé sous la porte, tandis que la dépendance aux importations énergétiques et alimentaires s’est accrue.

Soutenir le monde rural et faire accéder 400.000 ménages ruraux à la classe moyenne

Le gouvernement était censé déployer la stratégie «Génération Green», mobiliser un million d’hectares de terres collectives et reconduire le programme de lutte contre les disparités territoriales.

Frappé par des années consécutives d’une sécheresse historique et d’une gestion hydrique défaillante, le monde rural a connu un exode accéléré. La promesse de faire émerger une classe moyenne agricole s’est fracassée sur la réalité de la faillite des petits exploitants.

Inclure par l’emploi: forger l’industrie de demain, accélérer la transition énergétique

Le mandat était de générer 400.000 emplois industriels supplémentaires, d’élever le taux d’intégration locale de l’automobile à 80% et de décarboner les zones industrielles.

Malgré des performances dans l’export automobile, l’industrie locale n’a pas absorbé le flux massif des jeunes diplômés et des non-qualifiés. La transition énergétique promise pour soulager les industriels s’est heurtée à des retards d’infrastructures colossaux.

Libérer l’activité économique des femmes

Les ambitions étaient grandes: financer la création de crèches de proximité, offrir des subventions de formation jusqu’à 5.000 DH et adapter les droits de retraite pour les carrières hachées.

Le taux d’activité des femmes au Maroc a continué de stagner à des niveaux alarmants (en dessous de 20%), prisonnier de l’absence totale de politiques publiques efficaces de la petite enfance et du coût prohibitif des modes de garde.

Revaloriser le métier d’enseignant

La promesse était de fixer le salaire net minimum de début de carrière à 7.500 dirhams par mois pour les détenteurs du certificat pédagogique (soit une hausse de 2.500 DH) et de refondre la formation initiale.

Le gouvernement a géré la contestation enseignante par l’épreuve de force avant de céder dans la douleur après des mois de grèves paralysantes qui ont détruit l’année scolaire publique. Le climat au sein de l’Éducation nationale demeure délétère et miné par la défiance.

Renforcer les compétences fondamentales dès le primaire

Le but était d’instaurer des évaluations annuelles rigoureuses (via l’INE) et d’intégrer l’apprentissage de l’arithmétique (méthode de Singapour) et de la programmation informatique dès le primaire.

Les classements internationaux continuent de pointer le niveau dramatiquement bas des élèves du public en lecture et en mathématiques. Dans le dernier classement PISA, le Maroc arrive à la 83e place sur 91 pays concernés par l’enquête. Un très mauvais classement qui atteste le recul frappant des élèves marocains dans les trois disciplines examinées par l’enquête, à savoir les sciences, les mathématiques et la lecture. Les innovations pédagogiques promises sont restées des slogans hors-sol.

Généraliser les écoles communales, le transport et la cantine scolaires

Sur le papier, il fallait lutter contre l’abandon scolaire en milieu rural par le développement des écoles communales, des bus scolaires et d’un programme «un fruit et un verre de lait par jour».

Le taux d’abandon scolaire en milieu rural reste une hémorragie non stoppée. L’insuffisance criante des transports scolaires et la vétusté des cantines (quand elles existent) et des toilettes continuent de pousser des milliers d’enfants, en particulier les filles, hors du système éducatif.

Le préscolaire pour tous les enfants dès quatre ans

L’annonce était de généraliser l’enseignement préscolaire de qualité avec des éducateurs spécialisés formés dans de nouvelles facultés de l’éducation.

La généralisation du préscolaire, toujours à l’état de projet, est menée au pas de charge, souvent confiée à des associations locales sous-financées, employant des éducatrices sous-payées et sans formation pédagogique normée, reproduisant les tares de l’enseignement primaire.

Rénover les infrastructures universitaires, revaloriser la formation professionnelle et améliorer l’accès aux bourses

Le gouvernement aurait dû créer les 12 Cités des métiers et des compétences (CMC), rénover les campus et multiplier les bourses et prêts d’études.

Les universités publiques suffoquent sous une surpopulation estudiantine chronique, des amphithéâtres en ruine et des retards dans le versement des bourses. Quant aux CMC, leur déploiement partiel et tardif n’a pas suffi à endiguer le chômage massif des lauréats de la formation professionnelle.

«Dar Al Oussra», un guichet unique pour accompagner les familles dans leur protection sociale

Il était prévu de créer des guichets physiques de proximité pour guider les citoyens dans leurs démarches administratives, l’inscription à la CNSS et l’accès au médecin de famille.

Ces guichets intégrés n’ont jamais vu le jour sous la forme promise. Les citoyens continuent d’affronter le parcours du combattant des administrations locales, prises au piège de la lourdeur bureaucratique.

Renforcer le contrôle de la qualité des services publics, notamment l’éducation et la santé

La mesure consistait à systématiser les études d’impact, l’expérimentation et l’évaluation rigoureuse des politiques publiques menées.

L’opacité dans l’évaluation des politiques publiques est devenue la norme. La majorité gouvernementale a systématiquement fait obstruction aux demandes d’enquêtes parlementaires sur la gestion des deniers publics et l’inefficacité des chantiers sociaux.

Mettre en place un fonds pour consacrer l’officialisation de tamazight

L’idée était de créer le Fonds d’accompagnement de l’officialisation de tamazight (FAOT), doté d’un milliard de dirhams dès 2025 pour l’intégrer dans l’administration, l’enseignement et la vie publique.

Malgré l’obligation constitutionnelle, la budgétisation concrète et transversale de l’officialisation de la langue amazighe est restée timide, fragmentaire et confinée à des effets d’annonce symboliques loin des attentes des acteurs associatifs et culturels.

Un «pass jeunes» pour faciliter l’intégration et la mobilité

Sur le papier, la mesure devait instaurer une carte digitale pour les 16-30 ans offrant des réductions universelles dans les transports publics (bus, train, tramway) et les infrastructures de loisirs et de culture.

Dévitalisé, le «pass jeunes» promis n’a jamais été déployé à l’échelle nationale sous une forme effective et généralisée. La jeunesse marocaine, frappée par la cherté de la vie et l’impasse de l’emploi, subit de plein fouet l’absence de politiques publiques dédiées.

Accélérer la transition digitale au service des citoyens

Il s’agissait de déployer la 5G, de généraliser le paiement mobile pour les aides sociales, de simplifier les procédures via idarati.ma et de réduire drastiquement le temps perdu par les citoyens dans l’administration.

Si la 5G a effectivement été lancée, ce n’est pas grâce au gouvernement. Et si quelques progrès cosmétiques ont été faits sur les portails administratifs, la fracture numérique reste profonde. Le citoyen passe toujours en moyenne des dizaines d’heures par an dans les méandres d’une administration qui, malgré les promesses de «smart government», demeure lente, opaque et peu digitalisée dans sa strate locale.

En voulant gouverner le Maroc comme une holding d’affaires, le RNI et la coalition menée sous sa houlette ont échoué à traduire leurs slogans publicitaires en réformes structurelles salvatrices. Le bilan de ce mandat 2021-2026 s’écrit en creux: promesses non tenues, fracturation de la classe moyenne, explosion de la précarité et faillite de la confiance citoyenne. L’échec est total, car à l’épreuve du pouvoir, la technocratie dorée du parti a démontré qu’entre les promesses triomphantes d’un livret de campagne et la dure réalité de la gestion publique, il y a un monde que seule la sanction des urnes pourra désormais départager.

Par Tarik Qattab
Le 21/09/2026 à 14h44