Parlement. Aziz Akhannouch défend le bilan de son gouvernement, l’opposition sceptique

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch au Parlement, le 15 avril 2026 (Y.Mannan/Le360).

Le 15/04/2026 à 15h36

VidéoS’appuyant sur une série d’indicateurs illustrant la consolidation des piliers de l’État social, Aziz Akhannouch a affiché un satisfecit marqué à l’heure de dresser le bilan de cinq années d’action gouvernementale. Face à lui, l’opposition parlementaire s’est montrée particulièrement sceptique, pointant des décalages entre les chiffres officiels et la réalité économique. Détails.

Abordant l’épineuse question du chômage, qui pèse sur l’action de l’exécutif, Aziz Akhannouch a réitéré l’engagement de son gouvernement de créer un million d’emplois nets hors agriculture d’ici la fin de l’année 2026. Cet objectif, fixé dès 2021, met l’accent sur l’intégration des jeunes et des femmes. Le gouvernement soutient qu’entre 2021 et 2025, l’économie nationale a déjà généré 850.000 postes dans les secteurs non agricoles, soit une moyenne annuelle de 170.000 emplois.

Au Parlement, l’opposition a accueilli ces chiffres avec incrédulité, soulignant que le taux de chômage n’a enregistré qu’une baisse dérisoire pour s’établir à environ 13% fin 2025. Devant les élus, le Chef du gouvernement a pourtant mis en avant des indicateurs jugés positifs dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’aide au logement et de la protection sociale. Le programme d’aide sociale directe a ainsi bénéficié à 3,9 millions de familles, tandis que l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) couvre désormais 24,7 millions de personnes, incluant les salariés, les travailleurs non salariés et les anciens bénéficiaires du RAMED via l’AMO Tadamon.

S’appuyant sur ces données statistiques, Aziz Akhannouch a axé son intervention sur les réformes structurelles ayant nécessité des budgets conséquents, tout en traçant des perspectives prometteuses pour consolider le développement du pays sous la conduite du Souverain. Fait notable, il a tenu à remercier l’opposition pour sa contribution en tant qu’acteur majeur de la vie politique nationale.

Ce satisfecit a toutefois été vivement contesté par Ahmed El Abadi, député du PPS. Dans une déclaration au média Le360, ce dernier a qualifié le discours de décevant et empreint de langue de bois. Selon lui, le gouvernement occulte les dizaines de milliers de défaillances d’entreprises et un chômage à des niveaux records. Le représentant de l’opposition a également pointé une incohérence mathématique entre le nombre d’emplois annoncés et le taux de croissance réellement réalisé, jugeant les chiffres officiels inexacts.

À l’inverse, Omar Hamraoui, chef du groupe parlementaire de l’Istiqlal, a salué un bilan positif s’inscrivant dans une vision royale stratégique. Il a souligné la mise en œuvre d’une part importante du programme gouvernemental, notamment en ce qui concerne la consolidation de l’intégrité territoriale, le renforcement de l’édifice démocratique et l’affermissement des piliers de l’État social.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 15/04/2026 à 15h36