La Cour d’appel de Rabat a rendu son verdict le lundi 13 avril dans l’affaire des hooligans ayant troublé la finale de la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN). Dix-neuf individus, poursuivis en état d’arrestation, dont dix-huit supporters sénégalais et un Français d’origine algérienne, ont vu leur sort scellé par la justice. Les magistrats ont confirmé l’intégralité des peines prononcées quelques semaines plus tôt par le tribunal de première instance de Rabat.
«Ainsi, quatre accusés (un Algérien et trois Sénégalais) ont écopé de trois mois de prison ferme, six Sénégalais de six mois, tandis que les neuf autres ressortissants sénégalais ont été condamnés à un an d’emprisonnement ferme», rapporte Al Akhbar de ce mercredi 15 avril. Les faits remontent à janvier dernier, lorsque le procureur du roi près le tribunal de première instance de Rabat avait ordonné le placement en détention provisoire, à la prison d’Al Arjat, de ces 19 individus, impliqués dans des actes de violences survenus lors de la finale de la CAN disputée au stade Prince Moulay Abdallah.
Les services de police avaient déféré les accusés devant le parquet à l’issue d’une garde à vue prolongée de vingt-quatre heures. Une décision motivée par la nécessité d’approfondir l’enquête et d’évaluer l’état de santé des agents de police, stadiers et bénévoles, victimes d’agressions violentes et lâches, suivies en direct par des millions de téléspectateurs.
Toutes les victimes ont produit des certificats médicaux attestant de préjudices corporels divers, éléments qui ont contribué à forger l’intime conviction du magistrat, le conduisant à poursuivre l’ensemble des accusés en état d’arrestation. Ces derniers répondaient de faits de violences, de destruction de biens publics et d’agressions contre les forces de l’ordre.
Ces actes de hooliganisme, largement relayés par les téléphones portables des spectateurs, les caméras de surveillance du stade ainsi que par les médias marocains et internationaux, ont été déclenchés par la contestation, chez plusieurs supporters sénégalais, de la décision de l’arbitre d’accorder un penalty à l’équipe nationale marocaine. La colère des supporters sénégalais a ensuite pris une tournure hystérique et terrifiante, attisée par la décision de l’entraîneur de la sélection sénégalaise d’appeler ses joueurs à quitter le terrain et à ne pas poursuivre la rencontre.
«Les supporters sénégalais sont alors passés à l’acte: agressions contre des journalistes marocains couvrant la rencontre, violences à l’encontre des forces de l’ordre, destruction des installations et du matériel du stade», indique Al Akhbar. Les forces de sécurité et autres services compétents sont intervenus pour rétablir l’ordre, procédant à l’arrestation des mis en cause et soumis aux procédures légales sous la supervision du parquet.




