Comment le Maroc prépare ses aéroports pour 80 millions de passagers d’ici 2030

La maquette numérique du futur terminal en mode hub de l'aéroport Mohammed V de Casablanca.

Revue de presseExtension des terminaux, modernisation des équipements, digitalisation et transition écologique: le Royaume déploie une stratégie ambitieuse pour doubler sa capacité aéroportuaire. Focus sur les chantiers clés, les investissements et les défis à relever pour faire du Maroc une plateforme aérienne majeure entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 14/04/2026 à 20h16

Le Maroc engage une vaste modernisation de ses infrastructures aéroportuaires, un chantier stratégique pour absorber la croissance du trafic aérien et renforcer l’attractivité du pays. Cité par le quotidien L’Economiste dans son édition du mercredi 15 avril, Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique, indique que la capacité aéroportuaire nationale passera de 40 à 80 millions de passagers d’ici les prochaines années. Ces extensions concernent les principaux aéroports du royaume, notamment ceux de Casablanca, Marrakech, Tanger, Agadir, Fès et Rabat-Salé. «Le véritable défi actuel est l’achèvement de ces différents chantiers et leur opérationnalisation avant l’été 2030», a-t-il déclaré.

Cette stratégie s’appuie sur des projets techniques précis visant à moderniser les terminaux pour améliorer l’accueil des passagers, à mettre à niveau les infrastructures critiques et les équipements de navigation aérienne conformément aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), ainsi qu’à accélérer la digitalisation des parcours voyageurs. L’objectif est de «concilier performance, sécurité et durabilité pour construire des aéroports résilients et adaptés aux défis futurs du transport aérien». Ces travaux s’inscrivent dans la feuille de route nationale «Aéroports 2030», qui vise à anticiper la forte croissance du trafic et à préparer les grandes échéances internationales, au premier rang desquelles la Coupe du monde de football en 2030.

Le hub de Casablanca, plaque tournante du réseau aérien marocain, concentre l’essentiel des investissements. «Le projet le plus structurant est la construction du nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V, considéré comme le plus grand chantier aéroportuaire du pays avec un investissement de 15 milliards de dirhams», a expliqué le ministre. Parallèlement, les aéroports de Marrakech, Agadir, Tanger, Rabat-Salé et Fès font l’objet de projets d’extension ou de réaménagement afin d’absorber la hausse du trafic, d’améliorer la qualité des services et de renforcer l’attractivité des territoires. Un budget de 10 milliards de dirhams est prévu pour ces travaux.

L’amélioration de la connectivité constitue un autre axe majeur de cette stratégie. Sur le plan national, les efforts portent sur le renforcement des liaisons aériennes domestiques pour mieux relier les régions entre elles et avec le hub casablancais. À l’international, le Maroc mise sur une ouverture ciblée vers les marchés prioritaires, notamment l’Europe, l’Afrique, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient, lit-on. Cette dynamique passe par l’ouverture de nouvelles lignes, le renforcement et la libéralisation des accords aériens, ainsi que par la consolidation du rôle du pays comme plateforme de connexion entre plusieurs continents. «Le développement du hub de Casablanca occupe une place centrale, permettant de mieux capter les flux internationaux et de renforcer le positionnement du Maroc en tant que porte d’entrée vers l’Afrique», a précisé Abdessamad Kayouh.

La transition écologique s’impose également comme une priorité dans cette modernisation. «Elle est intégrée dans le cadre d’une approche globale et transversale», a insisté le ministre. L’enjeu est de «développer la mobilité tout en réduisant significativement l’empreinte environnementale du secteur». Pour y parvenir, le ministère mise sur l’optimisation des flux, la modernisation des équipements et l’introduction de solutions technologiques visant à réduire les consommations énergétiques et les émissions. Des transformations plus profondes sont également engagées, comme la promotion des modes de transport durables, notamment le ferroviaire et les solutions de mobilité partagée.

Par La Rédaction
Le 14/04/2026 à 20h16