Démantèlement d’un vaste réseau d’escroquerie aux crédits bancaires et à la CNSS

La Gendarmerie Royale à Casablanca a arrêté une dangereuse organisation criminelle spécialisée dans l’escroquerie aux crédits bancaires et le détournement des prestations de la CNSS. . DR

Revue de presseUne enquête menée par la Gendarmerie Royale à Casablanca a permis de mettre au jour un réseau criminel sophistiqué spécialisé dans l’escroquerie bancaire et le détournement des prestations sociales, exploitant des sociétés fictives et des centaines de faux salariés sur plusieurs années. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 20/09/2026 à 20h06

Une enquête menée par la Gendarmerie Royale à Casablanca a permis de démanteler une dangereuse organisation criminelle spécialisée dans l’escroquerie aux crédits bancaires et le détournement des prestations de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. «L’affaire a éclaté à la suite de la plainte d’une femme issue d’un milieu modeste, qui s’est vu refuser l’accès à la couverture médicale sous prétexte qu’elle était déclarée comme employée active et qu’elle percevait déjà des indemnités de la sécurité sociale à son insu», écrit le quotidien Assabah dans son édition du lundi 21 septembre.

Les investigations approfondies menées par les éléments de la gendarmerie ont révélé que les mis en cause avaient mis en place un réseau de sociétés fictives depuis 2019. Pour donner une apparence de légitimité à leurs activités illicites, les suspects recrutaient des intermédiaires, notamment des femmes, des personnes démunies ou des chômeurs, en leur faisant signer des documents sous prétexte de les déclarer auprès de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale en tant que salariés. Ces personnes figuraient ainsi fictivement sur les registres des entreprises pour permettre aux fraudeurs de percevoir des allocations familiales, avant que les prétendus employés ne soient ignorés ou écartés du dispositif.

Une fois cette première phase achevée, les auteurs de ces agissements présentaient de fausses demandes de crédits bancaires représentant des centaines de millions de centimes pour prétendument financer des transactions ou acquérir des véhicules de luxe. «Ces véhicules étaient ensuite revendus pour conserver les liquidités. Pour éviter d’éveiller les soupçons et de se faire repérer par les autorités, le réseau procédait régulièrement à l’arrêt de l’activité de la société concernée ou à sa cession à des tiers, avant de fonder une nouvelle structure pour perpétuer les mêmes agissements délictuels», souligne Assabah.

L’ampleur de la fraude ne se limitait pas aux institutions bancaires, puisque les préjudices touchaient également directement la Caisse Nationale de Sécurité Sociale à travers le versement continu d’allocations familiales basées sur de faux effectifs de salariés. Ces versements frauduleux s’étaient étalés sur de longues années, générant des flux financiers mensuels considérables en raison du nombre important de victimes manipulées par le réseau.

L’affaire a pris une tournure décisive lorsque les gendarmes ont exploité les indices techniques pour identifier la société fictive impliquée et retrouver son gérant. Confronté aux éléments de l’enquête, ce dernier a tenté de nier les faits avant que les investigations serrées ne poussent son complice aux aveux, confirmant la création préméditée de sociétés écrans destinées à escroquer les banques et à détourner les fonds sociaux. Les vérifications ont en outre démontré que le principal suspect faisait l’objet de vingt-sept mandats de recherche pour l’émission de chèques sans provision.

Par La Rédaction
Le 20/09/2026 à 20h06