Un promoteur immobilier de 33 ans a été présenté, mercredi, devant le juge d’instruction du tribunal de première instance de Témara, après avoir été placé en détention provisoire à la prison d’Al Arjat 2. Le parquet du même tribunal l’a inculpé pour «escroquerie, inexécution de contrat, détournement de biens immobiliers en violation des engagements pris, et mise en vente de logements dans un ensemble résidentiel non encore livré», indique le quotidien Assabah dans son édition du jeudi 7 mai.
Selon les éléments de l’enquête, 287 victimes se sont présentées hier matin au tribunal pour confirmer avoir été victimes d’une vaste opération d’arnaque. Le prévenu leur avait proposé des appartements dans des immeubles fictifs, situés dans la commune de Témara, via des bureaux de vente installés dans les quartiers huppés d’Agdal et de Hay Riad, à Rabat. Les acquéreurs, attirés par des offres alléchantes, avaient versé des avances représentant 80% du prix des logements: 200.000 dirhams pour les appartements du produit économique et 400.000 dirhams pour ceux du logement intermédiaire.
Depuis 2021, les victimes attendent en vain la livraison de leurs biens, subissant des reports successifs avant de découvrir que les mêmes logements avaient été vendus à plusieurs reprises, écrit Assabah. «Il nous remettait des reçus de paiement et des documents publicitaires, mais nous n’avons jamais vu la moindre pierre de ces immeubles», témoignent-elles. Après des mois de démarches infructueuses, elles ont fini par coincer le promoteur et le remettre aux autorités.
Malgré les sommes colossales perçues, «le compte bancaire du prévenu s’est révélé vide» lors de la prolongation de sa garde à vue, alors que les victimes estiment à plus de 80 millions de dirhams le montant total détourné. Pour dénoncer cette affaire, elles ont organisé plusieurs sit-in devant des institutions publiques, dont une annexe du ministère de l’Intérieur située avenue Abderrahim Bouabid, à Rabat. «Comment ce promoteur a-t-il pu agir en toute impunité à Témara, alors qu’il disposait de bureaux dans des quartiers prestigieux de la capitale?», s’indignent-elles.
Certaines victimes citées par Assabah confient que d’autres plaignants, résidant à l’étranger, préparent leur retour au Maroc pour se constituer parties civiles. Ils ont été escroqués de la même manière et veulent obtenir justice.
Le quotidien ajoute que le promoteur n’avait toujours pas réglé le prix du terrain sur lequel il prétendait construire son projet résidentiel. «Ce terrain appartient à des héritiers et le projet a démarré dans l’illégalité, ce qui a facilité les détournements au détriment des acquéreurs», lit-on.




