Le ministère de l’Intérieur finalise un projet de loi visant à moderniser les marchés de gros des fruits et légumes, un secteur clé pour l’économie marocaine. «Ce texte, élaboré en coordination avec les départements de l’Agriculture et du Commerce, entend remplacer un cadre juridique jugé obsolète», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 7 mai.
Abdelouafi Laftit met la dernière main à un projet de loi destiné à encadrer les marchés de gros des fruits et légumes. «Ce travail vise à adapter le cadre légal aux évolutions du secteur», indique le ministère, soulignant la nécessité de moderniser des infrastructures devenues inadéquates. Le texte, en cours de finalisation avant sa transmission au Secrétariat général du gouvernement (SGG), prévoit plusieurs mesures structurantes.
Parmi les dispositions phares figurent la planification préalable des infrastructures, la définition des équipements et services de base, ainsi que l’instauration de mécanismes de contrôle et de nouveaux modes de gestion. «Ces mesures visent à améliorer le fonctionnement des marchés», précise la réponse du ministre à une question écrite du député Mohamed Hichami (Mouvement populaire).
En attendant l’adoption du projet de loi, le ministère travaille à la restructuration du réseau national. L’objectif est d’assurer une couverture équilibrée des centres de production et de consommation, tout en modernisant les équipements et en diversifiant les services. Un marché de nouvelle génération est ainsi en construction dans la région de Rabat, tandis que les études techniques pour Meknès et Berkane sont achevées. D’autres projets sont prévus à Marrakech-Safi, Souss-Massa, Béni Mellal-Khénifra et Casablanca-Settat.
Dans l’immédiat, une circulaire ministérielle demande aux walis et gouverneurs de ne pas organiser de concours pour la nomination de nouveaux mandataires, en se limitant à des renouvellements de mandat de trois mois maximum. Parallèlement, une étude est en cours pour doter les marchés de systèmes d’information modernes, afin de «suivre le parcours des produits, contrôler leur qualité et limiter les intermédiaires spéculatifs».
Pour encadrer ces réformes, le ministère a publié en 2024 une circulaire définissant les normes techniques et organisationnelles des marchés de nouvelle génération. «L’enjeu est d’éviter la reproduction des limites du modèle actuel», souligne-t-on. Avec 38 marchés de gros traitant 3,5 millions de tonnes par an (30% de la production nationale), cette réforme s’annonce comme un levier clé pour la filière agricole.




