Marchés de gros: le digital pour faire cesser les pratiques spéculatives

Fruits et légumes dans des cageots au marché de gros de Tanger. (S.Kadry/Le360)

Revue de presseLe ministère de l’Intérieur engage une refonte en profondeur des marchés de gros de fruits et légumes, avec pour objectifs d’améliorer leur gouvernance, de réguler l’intervention des intermédiaires et de lutter contre les spéculations. Une réforme qui s’articule autour de la numérisation. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 30/04/2026 à 19h34

Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, annonce une refonte globale des marchés de gros de fruits et légumes, afin d’améliorer leur gouvernance, encadrer l’intervention des intermédiaires et limiter les pratiques spéculatives qui jouent sur les prix. Cette réforme s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation des infrastructures essentielles au secteur agricole et commercial, écrit le quotidien Al Akhbar de ce vendredi 1er mai.

Dans une réponse à une question écrite posée au Parlement par les députés du Mouvement populaire, le ministre de l’Intérieur a insisté sur les efforts qui ont été déployés pour renforcer la numérisation et la transparence au sein de ces marchés. Les services du ministère travaillent actuellement «sur une étude visant à doter l’ensemble des marchés de gros du Maroc de systèmes informatiques modernes», écrit le quotidien, qui ajoute que «ces outils permettront de tracer le parcours des produits agricoles, de contrôler les quantités et la qualité des marchandises à leur entrée et sortie, ainsi que de surveiller les différents intervenants».

Sur le plan réglementaire, Abdelouafi Laftit a insisté sur la nécessité de moderniser la législation «régissant les marchés de gros», jugée «obsolète» et «inadaptée aux évolutions du secteur», relaie le quotidien. Un projet de loi sera «bientôt soumis au Secrétariat général du gouvernement», a-t-il indiqué. Le texte en projet prévoit «plusieurs dispositions clés», dont «l’adoption d’une planification prévisionnelle pour la création des infrastructures, la définition des équipements et services de base obligatoires, ainsi que l’instauration de mécanismes de contrôle rigoureux des activités au sein des marchés». Par ailleurs, a ajouté le ministre, une circulaire ministérielle doit être diffusée, afin de «fixer les conditions techniques et organisationnelles de la création des marchés de nouvelle génération, afin de remédier aux dysfonctionnements du modèle actuel». En attendant l’adoption de la nouvelle loi, une mesure conservatoire a été prise: «aucun concours ne sera organisé pour le recrutement de nouveaux agents, et les mandats des agents actuels seront prolongés pour des périodes ne dépassant pas trois mois», a expliqué le ministre aux députés.

Abdelouafi Laftit a également insisté sur «le rôle économique, social et culturel central des marchés de gros», et déclaré que «leur modernisation est indispensable pour accompagner les mutations du secteur agricole et commercial». En effet, a-t-il déclaré, «le ministère de l’Intérieur, en collaboration avec les secteurs de l’Agriculture, du Commerce et de l’Industrie, déploie une réforme qui se fonde sur quatre axes principaux», qui incluent «la restructuration du réseau national pour assurer une couverture équilibrée entre zones de production et de consommation, la modernisation des équipements et services, ainsi que l’adoption de modèles de gestion plus efficaces», relaie Al Akhbar, selon lequel «un cadre juridique adapté aux évolutions du secteur est également en préparation».

Aussi, a indiqué le ministre de l’Intérieur, «un marché de gros de nouvelle génération est en cours de construction dans la région de Rabat-Salé-Kénitra (préfecture de Rabat)», et le taux d’avancement de ses travaux est jugé «satisfaisant». Abdelouafi Laftit a précisé que «ce marché offrira tous les services et équipements nécessaires à la commercialisation et à la distribution des produits, garantissant ainsi un approvisionnement optimal pour les habitants de la région». Pour les régions de Fès-Meknès (préfecture de Meknès) et de l’Oriental (province de Berkane), «les études techniques pour la construction de deux nouveaux marchés sont finalisées, et les travaux devraient démarrer dès la signature des conventions de financement», a indiqué le ministre, précisant que des projets similaires sont en préparation dans les régions de Marrakech-Safi, Souss-Massa, Béni Mellal-Khénifra et Casablanca-Settat.

Par La Rédaction
Le 30/04/2026 à 19h34