Maroc-Canada: les prérequis d’une relation apaisée et durable

Les drapeaux du Maroc et du Canada.

Les drapeaux du Maroc et du Canada.

Après de longs mois de froid dans la relation entre les deux pays, le Canada franchit un cap en reconnaissant le plan d’autonomie marocain pour le Sahara comme base de solution au conflit. Ce revirement marque un premier pas vers une relation bilatérale plus constructive. Mais ce geste ne suffira pas à rétablir une confiance durable. Le Maroc, qui a toujours défendu une approche fondée sur le respect mutuel et la transparence, attend désormais des actes concrets, notamment face à des voix qui profitent du parapluie canadien pour distiller leur venin contre le Royaume et ses institutions.

Le 29/04/2026 à 07h29

La déclaration du mardi 28 avril 2026 de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, reconnaissant le plan d’autonomie marocain pour le Sahara comme «base d’une solution» au conflit, marque un tournant dans une relation bilatérale entravée ces derniers mois par des facteurs de pollution persistants. Ce premier pas est significatif. Il acte une prise de conscience à Ottawa: le Maroc ne saurait être traité comme un partenaire secondaire, encore moins comme un État dont la souveraineté sur ses provinces du Sud serait négociable. En alignant sa position sur celle de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 31 octobre 2025, consacrant le plan d’autonomie comme la base d’une solution politique, le Canada rompt avec une bien frustrante ambiguïté.

Ce revirement n’est pas le fruit du hasard. Le Maroc a multiplié les messages pour rappeler que ses relations internationales reposent sur des principes intangibles: respect de l’intégrité territoriale, non-ingérence et réciprocité. Bien que tardivement, le Canada a ajusté sa posture en conséquence. La reconnaissance du plan d’autonomie n’est donc pas seulement une geste diplomatique, mais aussi une justice rendue au Maroc qui a su convaincre que toute relation bilatérale saine se construit sur des fondations solides, et non sur des équivoques.

Pour autant, ce premier pas ne suffit pas à lui seul à rétablir une relation apaisée et dynamique. Une véritable dynamique de partenariat et de progrès partagé exige bien plus qu’une déclaration, aussi importante soit-elle. Elle suppose un dialogue franc et sans tabou, où chaque sujet, du Sahara aux échanges économiques, en passant par la protection des intérêts de la communauté marocaine au Canada, est abordé avec transparence. Le Maroc a toujours insisté sur la nécessité d’une relation dénuée de tout facteur de parasitage. Cela signifie, concrètement, que le Canada devra clarifier sa position sur plusieurs points sensibles.

D’abord, la question du Sahara. Si Ottawa a reconnu le plan d’autonomie comme une base de négociation, il reste à voir comment cette position se traduira dans les faits et comment elle sera amenée à évoluer. Ce à quoi nous assistons actuellement n’est que le début d’un processus. Mais c’est un bon début.

Le Maroc attend également des actes pour que cessent des polémiques stériles, souvent alimentées par des individus insignifiants mais bruyants. Le vrai test de cette dynamique nouvelle réside dans la capacité du Canada et de sa justice à mettre fin à l’impunité dont ont bénéficié, pendant trop longtemps, ceux qui ont fait de son territoire une plateforme pour attaquer le Maroc. Sous couvert de liberté d’expression, certains ont colporté insultes, mensonges et campagnes de désinformation, s’en prenant aux institutions du pays et aux symboles de sa souveraineté. Ces agissements, relevant souvent de l’appel à la haine et à la violence, tolérés au nom d’un multiculturalisme mal compris, constituent un irritant dans la relation entre les deux pays.

La déclaration de la cheffe de la diplomatie canadienne, réaffirmant l’attachement du Canada à une relation bilatérale renouvelée avec le Royaume, fondée sur le respect mutuel, le dialogue constructif et l’ouverture et reposant sur une nouvelle dynamique de partenariat, envoie un message sans équivoque à ces individus. Le «parapluie» canadien n’est plus une protection absolue. Ceux qui se croyaient à l’abri, ceux qui pensaient pouvoir impunément saper les fondements de la relation maroco-canadienne, ont désormais du souci à se faire. Les voix qui, jusqu’ici, ont cru pouvoir impunément attaquer le Maroc devraient désormais interroger chacune de leurs provocations passées et présentes. Le tout est de savoir qui, parmi ceux qui ont dormi tranquille sous leurs acquis, perdra le sommeil?

Le Canada semble vouloir tourner la page. Mais cette détermination devra se traduire par des actes. La visite prochaine de la ministre Anand au Maroc sera l’occasion d’aborder tous les sujets, y compris ceux qui fâchent, mais aussi de mesurer la sincérité des engagements pris. Le Maroc, pour sa part, a toujours privilégié le dialogue. Mais ce dialogue ne saurait être un monologue, où l’un parle et l’autre écoute sans agir. Il doit être un échange équilibré, où chaque partie assume ses responsabilités. Le Canada a fait un pas. À lui, maintenant, de prouver que ce n’est pas un simple ajustement tactique, mais bien le début d’une nouvelle ère, fondée sur le respect mutuel et la clarté des positions.

Par Tarik Qattab
Le 29/04/2026 à 07h29