AgriTech: la nécessaire révolution

L'AgriTech, une solution d'avenir pour le développement de l'agriculture au Maroc. (Photo d'illustration)

Revue de presseEntre sécheresse persistante, pression sur les coûts et exigences croissantes des marchés à l’export, le secteur agricole marocain est à un tournant. L’AgriTech ne se contente plus d’émerger comme une tendance, mais s’impose comme une réponse pragmatique à une équation devenue critique. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 26/04/2026 à 19h40

Ces dernières années, le secteur a connu des hauts et des bas. Après des campagnes agricoles difficiles, la saison 2025-2026 affiche une embellie, avec une progression de 5% de la valeur ajoutée agricole, portée par un retour des pluies. Pourtant, cette amélioration conjoncturelle ne doit pas masquer une réalité structurelle: le Maroc reste confronté à un déficit hydrique chronique, avec des barrages sous tension et une dépendance climatique qui ne laisse aucune marge d’erreur. «Dans ce contexte, la gestion de l’eau est devenue un enjeu central», écrit le magazine Finances News Hebdo.

L’agriculture concentre à elle seule 80 à 85% de la consommation hydrique nationale, une pression qui impose une refonte des pratiques, notamment dans les régions les plus vulnérables. C’est là que la technologie trouve toute sa pertinence. Sur le terrain, les méthodes évoluent : dans certaines exploitations, notamment dans le Souss-Massa ou le Gharb, l’irrigation n’est plus guidée par l’intuition, mais par des données précises. Capteurs d’humidité des sols, stations météo connectées, images satellites… L’objectif est clair: optimiser l’utilisation de l’eau tout en préservant les rendements. «L’AgTech occupera de plus en plus de place dans le quotidien de l’agriculteur marocain. Consulter une plateforme digitale avant de se rendre à sa ferme deviendra une routine», explique Faissal Sehbaoui, directeur général d’AgriEdge, cité par Finances News.

Mais l’AgriTech ne se limite pas à l’irrigation. Elle englobe aussi le suivi des cultures, la gestion des intrants, la prévision des rendements et la traçabilité des produits. Pour les exportateurs, cette révolution technologique est un atout majeur. Les marchés européens, de plus en plus exigeants, imposent des standards stricts en matière de qualité, de traçabilité et d’empreinte environnementale. La technologie devient ainsi un levier de compétitivité.

Du côté des pouvoirs publics, la stratégie est clairement définie. À travers le plan Génération Green 2020-2030, le Maroc mise sur la digitalisation pour moderniser son agriculture et renforcer sa résilience. L’objectif est de développer des services agricoles digitaux, de faciliter l’accès à l’information pour les agriculteurs et d’encourager l’innovation. Le lancement d’un pôle dédié à l’agriculture digitale lors du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) s’inscrit dans cette dynamique.

Cependant, sur le terrain, la réalité est plus nuancée. L’adoption des technologies reste inégale. Les grandes exploitations avancent rapidement, portées par des logiques d’investissement et de rentabilité. En revanche, les petits agriculteurs, qui représentent une part importante du tissu agricole, peinent à suivre. Le coût des équipements, le manque de formation et un accès limité à Internet constituent des freins majeurs. «Sans accompagnement adapté, la transition numérique risque d’accentuer les inégalités plutôt que de les réduire», alertent plusieurs experts.

Pourtant, des solutions émergent. Depuis deux ans, des startups proposent des systèmes d’irrigation intelligente accessibles, des plateformes de suivi des cultures ou des outils de mise en relation entre agriculteurs et acheteurs. «L’AgTech permet d’apporter une information décisionnelle à l’agriculteur et d’optimiser significativement l’utilisation de ses ressources», souligne Sehbaoui. Des projets pilotes, comme les fermes digitales, se multiplient pour tester ces technologies en conditions réelles avant un déploiement à plus grande échelle.

«Au-delà des usages, l’AgriTech s’inscrit dans un enjeu plus large: la souveraineté alimentaire», note Finances News. Le Maroc reste dépendant des importations pour certaines cultures stratégiques, comme les céréales. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et la volatilité des prix, cette dépendance représente un risque réel. La technologie apparaît alors comme un levier pour améliorer la productivité locale et sécuriser les approvisionnements.

Parallèlement, le Maroc renforce sa position à l’export, notamment sur les fruits et légumes, avec des volumes en progression vers l’Union européenne. Là encore, l’intégration de solutions technologiques joue un rôle clé, en permettant d’améliorer la qualité des produits et de répondre aux exigences des marchés internationaux. L’AgriTech n’est plus une option, mais une nécessité pour l’agriculture marocaine

Par La Rédaction
Le 26/04/2026 à 19h40