L’Association des barreaux du Maroc décide la poursuite de la grève illimitée des avocats

Lors d'un sit-in des avocats devant le Parlement, le 29 juin 2026. (Y.Mannan/Le360)

Réuni ce dimanche à Rabat, le bureau de l’Association des barreaux du Maroc a décidé de maintenir jusqu’au 8 octobre la grève illimitée observée depuis le mois de juin. La profession entend poursuivre sa mobilisation contre la loi relative à l’organisation du métier d’avocat, malgré les lourdes répercussions de ce mouvement sur le fonctionnement des tribunaux et les droits des justiciables.

Le 20/09/2026 à 21h42

L’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a décidé, ce dimanche, de poursuivre la grève illimitée qu’elle observe depuis le mois de juin pour dénoncer la loi controversée relative à l’organisation de la profession d’avocat.

Cette décision a été reconduite jusqu’au 8 octobre par le bureau de l’Association, a indiqué une source au sein de l’ABAM. À cette date, qui précédera la réouverture de la session parlementaire d’octobre, l’organisation prévoit de réévaluer la situation et de décider des prochaines étapes de son mouvement de protestation.

La poursuite de la grève a été décidée ce dimanche au siège du Club du barreau de Rabat, au terme d’une réunion marathon du bureau de l’Association, entamée à 10h00.

L’ABAM avait annoncé la tenue de cette réunion du 20 septembre afin d’examiner son cahier revendicatif et de se prononcer sur la poursuite ou la suspension du mouvement.

La décision risque de prolonger les perturbations dans les tribunaux et les différents services judiciaires, sur fond de mécontentement croissant des justiciables. Les personnes placées en détention préventive sont particulièrement affectées par cette situation, plusieurs procès étant régulièrement reportés en raison de l’absence des avocats.

Près de 18.000 avocats marocains observent ce mouvement depuis quatre mois pour protester contre une loi qui, selon eux, porte atteinte à l’indépendance de leur profession au profit du parquet et du ministère de la Justice.

Les robes noires contestent notamment les dispositions permettant à la Cour des comptes de contrôler certains fonds liés à la profession, l’ouverture du marché marocain aux cabinets et avocats étrangers, ainsi que le transfert au ministère de la Justice de certaines compétences relatives à la formation des avocats.

La profession estime que ces dispositions modifient profondément les équilibres régissant son organisation et réduisent le rôle des barreaux et des bâtonniers. Le ministère de la Justice défend, pour sa part, une réforme destinée à moderniser la profession, à renforcer sa gouvernance et à adapter son fonctionnement aux transformations du système judiciaire.

En maintenant son mouvement jusqu’au 8 octobre, l’ABAM prolonge son bras de fer avec le ministère de la Justice et renvoie toute éventuelle sortie de crise à la prochaine séquence parlementaire. Entre défense de l’indépendance de la profession et paralysie prolongée des tribunaux, les avocats devront toutefois composer avec une pression croissante: celle des justiciables qui supportent directement les conséquences de ce conflit.

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 20/09/2026 à 21h42