Après la décision de la Cour constitutionnelle déclarant son impossibilité de vérifier la constitutionnalité du projet de loi relatif à la profession d’avocat, l’Association nationale des barreaux du Maroc a annoncé, ce mardi soir, la poursuite de la grève illimitée déclenchée en juin.
À l’issue d’une réunion tenue mardi soir à Rabat, l’Association a décidé de poursuivre son mouvement de protestation global, qui inclut «tous les services, dont l’assistance judiciaire» accordée aux justiciables nécessiteux.
L’Association a, en outre, décidé de tenir, le 5 septembre, une session exceptionnelle de son conseil au siège du corps des avocats à Rabat.
Les avocats du Maroc imputent une responsabilité partagée au Parlement, qui n’aurait pas accompagné le transfert du projet de loi à la Cour constitutionnelle d’une copie certifiée, ainsi qu’au retard qui en a découlé dans l’examen de la constitutionnalité du texte.
Ce projet de loi, porté par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, est rejeté par la profession, qui y voit une «atteinte à l’indépendance du métier».
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Cette grève illimitée paralyse les tribunaux et pénalise les justiciables, notamment les personnes en détention préventive, dont les procès sont constamment reportés. Une situation lourde de conséquences pour le fonctionnement de la justice, mais aussi pour les citoyens en attente d’une décision judiciaire.
L’Association nationale des barreaux du Maroc est l’organisme qui fédère l’ensemble des ordres d’avocats du pays. Fondée en 1962, elle défend les droits de la profession, veille à l’indépendance de la justice et coordonne les actions des 17 barreaux régionaux du Royaume.
En maintenant la grève illimitée, l’Association nationale des barreaux du Maroc confirme son bras de fer avec le ministère de la Justice autour du projet de loi sur la profession d’avocat. Mais cette mobilisation prolongée place aussi la justice face à une paralysie préoccupante, où les premiers à subir les effets du conflit restent les justiciables.




