Laâyoune: les dernières images du futur plus grand viaduc routier du Maroc, réalisé à 56%

Le futur pont sur l’oued Sakia El Hamra à Laâyoune, dont les travaux affichent un taux de réalisation de 56%. (H.Yara/Le360)

Le 04/10/2026 à 16h16

VidéoD’un coût de 1,38 milliard de dirhams, le futur pont de l’oued Sakia El Hamra à Laâyoune avance avec un taux de réalisation de 56%. Long de près de 1,65 kilomètre, il est considéré comme le plus long viaduc routier du Maroc. À terme, l’ouvrage doit offrir de nouvelles liaisons autour de la ville et contribuer à fluidifier la circulation sur les axes existants.

À Laâyoune, les travaux du pont qui enjambera l’oued Sakia El Hamra avancent à un rythme régulier, avec un taux de réalisation de 56%. Le projet mobilise un investissement de l’ordre de 1,38 milliard de dirhams et s’inscrit dans le cadre du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud.

À terme, l’ouvrage doit notamment améliorer la circulation autour de la ville et renforcer les liaisons avec les zones situées au nord, à l’ouest et au sud.

Le chantier se déroule toutefois dans un environnement particulier. Le futur pont est situé dans une zone humide classée au niveau national, où l’on trouve une végétation adaptée au milieu désertique et plusieurs espèces d’oiseaux, sédentaires comme migrateurs. Le flamant rose est notamment régulièrement présent dans la zone de l’oued Sakia El Hamra.

Lors d’une visite effectuée par Le360 sur le chantier, Mbarek Fancha, directeur central de l’autoroute Tiznit-Dakhla, insiste sur la nécessité de tenir compte de cet environnement à chaque étape des travaux.

«Les travaux de ce pont nécessitent une grande vigilance et il faut prendre en compte tout ce qui peut contribuer à préserver les plantes et les animaux qui vivent dans l’oued Sakia El Hamra, ses environs et ses berges», explique-t-il.

Cette vigilance passe d’abord par les équipes qui interviennent directement sur le chantier. Les ouvriers reçoivent régulièrement des consignes et des formations sur les bonnes pratiques à adopter pour préserver cet environnement.

Cette démarche s’inscrit, selon lui, dans les orientations du ministère de l’Équipement et de l’Eau en matière de développement durable et de protection de l’environnement.

Une étude consacrée à la préservation de l’environnement a également été réalisée et soumise à la Commission nationale de l’environnement, qui l’a approuvée. «Cette étude a donné lieu à des recommandations, et toutes ces recommandations sont respectées, aussi bien dans les études que dans les travaux», précise Mbarek Fancha.

Ces préoccupations ont aussi été intégrées dès la conception du pont. «Tous les plans réalisés dans le cadre de ce projet prennent en considération l’aspect environnemental», souligne le directeur central de l’autoroute Tiznit-Dakhla. Concrètement, cette attention se retrouve notamment dans la conception des piles du pont et leur espacement, définis en fonction du lit mineur et du lit majeur de l’oued.

Sur le chantier, cette même vigilance concerne aussi les nuisances liées aux travaux, notamment les poussières, le bruit et les déchets générés par les engins.

«Il faut faire attention aux déchets et aux huiles générés par les engins, mais aussi aux bruits qu’ils produisent, car ils peuvent déranger les oiseaux et les animaux qui vivent dans la zone», explique Mbarek Fancha.

Pour suivre ces différents aspects, le chantier s’appuie sur une équipe dédiée à l’environnement. Moustapha Cherif, responsable de la sécurité, de la santé au travail et de la protection de l’environnement, détaille les mesures mises en place au quotidien.

«Nous avons une équipe verte dédiée à l’environnement qui veille à la propreté du chantier 24 heures sur 24», indique-t-il.

L’arrosage régulier du site permet notamment de limiter les poussières soulevées par le passage des engins et les différentes opérations de construction. La circulation de ces derniers est elle aussi encadrée. À l’intérieur du chantier, leur vitesse est limitée à 20 km/h.

«Nous avons installé des panneaux pour limiter la vitesse à 20 kilomètres par heure sur le chantier, afin de réduire le bruit et la pollution sonore», précise Moustapha Cherif.

Le niveau sonore fait également l’objet de mesures régulières grâce à des appareils installés sur le site. L’objectif est de suivre les nuisances générées par les travaux et leur impact potentiel sur l’environnement immédiat de l’oued.

Autre point de vigilance: les huiles usagées provenant des engins. Elles sont récupérées puis stockées dans des espaces aménagés afin d’éviter tout déversement susceptible d’affecter le sol ou la nappe phréatique.

«Les huiles usagées sont placées dans des endroits spécialement aménagés pour éviter tout déversement», explique Moustapha Cherif. Elles sont ensuite prises en charge par une société spécialisée, qui assure leur traitement avant leur recyclage ou leur acheminement vers des installations dédiées.

Le même principe s’applique aux déchets chimiques, stockés dans des espaces identifiés avant leur évacuation du chantier. Le tri est également organisé directement sur place, avec des conteneurs distincts selon la nature des déchets: verts pour les déchets ménagers, rouges pour les déchets dangereux et jaunes pour le plastique et les métaux.

Au-delà de ces dispositifs, le chantier avance parallèlement vers son objectif principal: renforcer le réseau routier autour de Laâyoune. Une fois achevé, le pont doit créer une nouvelle liaison avec les zones situées au nord, à l’ouest et au sud de la ville, tout en contribuant à alléger la pression sur les axes actuellement empruntés par les voitures, les camions et les poids lourds.

Par Hamdi Yara
Le 04/10/2026 à 16h16