Des ministres sortants sous la loupe pour de graves défaillances

Lors d'une réunion du Conseil du gouvernement sortant.

Revue de presseLa prochaine équipe gouvernementale pourrait bien tourner la page de plusieurs ministres actuels, rattrapés par des rapports accablants pointant des agissements répréhensibles, du trafic d’influence et de graves défaillances dans la gestion des marchés publics. Une revue de presse du quotidien Assabah.

Le 04/10/2026 à 20h41

Plusieurs ministres actuels risquent d’être écartés de la prochaine équipe gouvernementale à la lumière de rapports officiels mettant en cause des agissements jugés inappropriés, tels que des sollicitations de commissions auprès de groupements d’investisseurs étrangers au Maroc, ou encore de graves manquements protocolaires. Des fuites concordantes ont également mis en lumière des manœuvres partisanes et des soupçons de favoritisme visant à avantager indûment un groupe étranger au détriment de ses concurrents.

«Cette situation a poussé des entreprises pénalisées à brandir la menace de poursuites judiciaires à l’encontre de la tutelle ministérielle, en raison de son inertie face aux agissements d’un ministre dont le département n’a pourtant aucune prérogative directe sur le champ de la transaction et qui s’est comporté comme l’ambassadeur d’une firme étrangère», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du lundi 5 octobre.

Les mêmes rapports n’ont pas omis de relater l’épisode fâcheux survenu lorsqu’un ministre sortant s’est mêlé à une foule de citoyens turcs pour immortaliser sa rencontre avec le président Recep Tayyip Erdoğan, en marge du Forum mondial du transport maritime tenu à Istanbul du 27 au 29 juin 2025. Un tel comportement a été qualifié de faute lourde, d’autant que le ministre en question endossait le costume de chef de la délégation marocaine dans une instance d’envergure internationale.

«À cette liste noire s’ajoutent des ministres impliqués dans des situations de conflits d’intérêts et d’abus de pouvoir, ainsi que dans des décisions ayant lourdement écorné l’image de l’exécutif et du pays, tout en érodant la confiance des citoyens envers les institutions nationales», souligne Assabah. À cela s’ajoutent de graves dysfonctionnements constatés dans la gestion des marchés publics, allant jusqu’à l’annulation pure et simple de contrats en cours, notamment dans les secteurs de la sous-traitance, du gardiennage et de la propreté, dans le but avoué de remodeler la liste des entreprises bénéficiaires sous le prétexte fallacieux de modifier les cahiers des charges.

Parallèlement, d’autres membres du gouvernement se sont retrouvés sous le feu des critiques, pointés du doigt comme des maillons faibles entravant la dynamique d’investissement. Lors des traditionnelles séances plénières consacrées au contrôle parlementaire, les interventions des députés se sont multipliées pour exiger l’accélération des réformes relatives à la gestion et à l’encouragement de l’investissement, insistant en particulier sur la promulgation des textes réglementaires fondamentaux. Les parlementaires ont rappelé avec insistance que l’absence de ces décrets paralyse l’application effective de l’ensemble de ces dispositions et de ces lois.

Les débats ont également mis en exergue l’impératif, pour la majorité et l’opposition, de conjuguer leurs efforts afin de concrétiser les chantiers d’accompagnement indispensables à l’amélioration du climat des affaires. Malgré les progrès continus salués par les classements internationaux, de nombreux obstacles persistent sur le terrain, dressant des barrières complexes devant les investisseurs nationaux et étrangers, ainsi que devant les petites et moyennes entreprises. Les départements ministériels concernés sont ainsi sommés de redoubler d’efforts pour améliorer le climat des affaires, en harmonisant et en articulant les politiques publiques de manière rigoureuse et urgente afin de surmonter ces écueils.

Par La Rédaction
Le 04/10/2026 à 20h41