Face à la succession rapide d’événements, le plus souvent catastrophiques, qui ont secoué ou impliqué l’Algérie ces derniers mois, comme les incendies de forêts meurtriers, la réactivation de l’exécution de la peine de mort, la ruptures des relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis, l’intervention militaire inédite au Niger, mais aussi la proximité de la réunion annuelle du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara, les explications du président algérien sur tous ces dossiers était très attendue.
Samedi soir, la déception était à nouveau au rendez-vous à l’issue de deux heures de bavardage présidentiel, en différé, devant trois journalistes très connus du bataillon des porte-voix médiatiques du régime. Même si ces derniers ont fait semblant de soulever toutes les questions d’actualité, ils ont surtout péché en orientant les réponses de leur interlocuteur dans le sens… du poil.
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L’exemple par la première question relative au dossier du Sahara, quand la langue du journaliste a fourché en disant la vérité, avant de se ressaisir en revenant à la propagande de mise.
En effet, ce journaliste a affirmé que le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf a déclaré devant la 81e Assemblée générale de l’ONU que son pays soutient «des négociations directes entre l’Algérie… Euh… pardon… entre le Polisario et le Maroc». Gêné par ce non-lapsus, Tebboune a dégainé une lourde contre-vérité en affirmant que la dernière «résolution du Conseil de sécurité de l’ONU a identifié deux parties prenantes que sont le Royaume du Maroc et le Polisario». Or, la résolution 2797 du 31 octobre 2025 a clairement désigné l’Algérie comme principale partie prenante du conflit du Sahara.
N’en étant pas à sa première, ni dernière contradiction près, Tebboune, qui a déjà dit par le passé que cette «résolution fait son bonhomme de chemin», a à nouveau reconnu que cette «résolution est là, elle existe».
Autrement dit, elle constitue un douloureux revers diplomatique pour l’Algérie. Cela ne l’a pas empêche de réaffirmer son soutien au Polisario, même s’il se montre inquiet face au statut juridique indéfini des Sahraouis nés depuis 1975 dans les camps de Tindouf.
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À la question de savoir quelle est la solution qu’il préconise pour mettre fin au conflit du Sahara, Tebboune a redit qu’il soutient la solution qu’acceptera le Polisario. Or le mouvement séparatiste n’a aucun pouvoir de décision et, en tant que marionnette, ne fait qu’exécuter ce que lui dicte le régime d’Alger.
Cela étant, Tebboune semble préparer l’opinion publique algérienne, abreuvée par plusieurs décennies de propagande anti-marocaine, à l’acceptation de l’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine.
Bien qu’il ait falsifié la teneur de la dernière résolution du Conseil de sécurité 2797, il n’en a pas moins martelé que son pays la respecte stricto sensu. Or cette résolution de laquelle se réclame Tebboune pose noir sur blanc l’autonomie comme base d’une solution au conflit du Sahara. S’y référer tout en précisant que «nous ne sommes pas plus sahraouis que les Sahraouis. La solution que les Sahraouis acceptent, nous l’accepterons aussi» introduit une inflexion majeure dans les diatribes et le jusqu’auboutisme habituels de Tebboune. Ce qui peut être interprété comme une préparation de l’opinion publique algérienne, à l’orée de l’adoption d’une nouvelle résolution très attendue, à accepter le présent et l’avenir du Sahara sous la souveraineté du Royaume du Maroc.
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Le Maroc obsède le président algérien même quand il ne le nomme pas. Ainsi, Tebboune a abordé le gazoduc transsaharien, affirmant indirectement que le seul objectif derrière ce projet, qui va saigner l’Algérie à blanc, c’est de concurrencer le projet de gazoduc Atlantique Nigeria-Maroc.
Tout le forcing actuel de l’Algérie au Niger, marqué surtout par l’envoi inédit d’avions militaires après un coup d’État militaire avorté à Niamey, vise à faire accepter par ce pays le passage du gazoduc par son territoire. Mais Tebboune a justifié, samedi, l’intervention militaire de son pays au Niger par le fait que le coup d’État à Niamey a eu lieu le jour même de la fin de la visite à Alger du Premier ministre nigérien Mohamed Lamine Zeine. Ce qu’il qualifie de «provocation» contre l’Algérie, sans préciser l’identité du provocateur.
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Dans sa réponse quant à la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, Tebboune a été très évasif, incapable de citer la moindre raison concrète justifiant cet acte extrême, parlant vaguement tantôt de «provocations», tantôt «d’ingérences». Il a accusé Abou Dhabi d’ingratitude, répétant pour la énième fois que c’est l’Algérie qui a créé, ou aidé à créer la première société émiratie d’hydrocarbures.
Côté politique étrangère, motus et bouche cousue sur les relations avec l’Espagne. Alors que ces dernières semaines, la propagande officielle loue la lune de miel entre Alger et Madrid qui allait être consacrée en grande pompe au sommet de haut niveau entre les deux pays, prévu les 20 et 21 octobre dans la capitale espagnole, le report sine die de cette réunion– à la demande du gouvernement espagnol– a laissé groggy le régime erratique d’Alger.




