Le message est clair. Dans son dernier rapport au Conseil de sécurité sur la question du Sahara, daté du 1er octobre 2026, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, «encouragé» par la reprise du dialogue direct entre les parties, y compris l’Algérie, pour la première fois depuis près de sept ans, exhorte vivement les parties «s’engager dans des négociations concertées et de bonne foi», pour «explorer la possibilité d’une véritable autonomie pour le peuple du Sahara occidental, qui pourrait représenter le résultat le plus réalisable, conformément à la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité». Cette invite marque une rupture nette avec l’immobilisme qui a longtemps caractérisé le dossier et consacre le plan marocain comme l’unique horizon.
Le document précise qu’au cours du premier trimestre de cette année 2026, l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, a co-facilité trois cycles de négociations directes d’envergure réunissant l’ensemble des parties concernées, à savoir le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie. Guterres s’y félicite du fait que l’adoption de la résolution 2797 a «donné un nouvel élan au processus politique», tout en relevant que ces efforts conjoints entre l’ONU et les États-Unis visaient à élaborer une feuille de route concrète vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable. Si le Secrétaire général note que la dynamique a pu être ponctuellement entravée par la persistance d’activités militaires et un déficit chronique de confiance, il insiste sur le fait que de réelles perspectives de progrès subsistent pour clore définitivement ce différend régional.
Cette séquence diplomatique intense s’inscrit dans le droit fil d’une implication accrue et structurée sous leadership américain. La diplomatie des États-Unis a su imprimer un rythme décisif aux pourparlers, contraignant de fait l’Algérie à assumer pleinement ses responsabilités et à prendre part activement aux discussions en tant que partie principale et concernée au premier chef par le différend, et non plus en simple observateur de façade. Cette architecture de négociation sous égide de Washington a rebattu les cartes, forçant l’alignement des acteurs sur une trajectoire de réalisme et de pragmatisme.
Dans son rapport transmis aux membres du Conseil de sécurité, Guterres met en exergue et salue explicitement ce partenariat stratégique mené de concert avec Washington. Le chef de l’ONU officialise ainsi le rôle pivot joué par les États-Unis dans l’impulsion des cycles de négociations de 2026 et dans l’accompagnement technique et politique des parties vers la concrétisation d’une solution réaliste.
Cette reconnaissance onusienne fait écho à la posture constante des États-Unis, qui endossent le rôle de pen-holder (rédacteur principal) des résolutions du Conseil de sécurité sur le Sahara. Washington maintient sa ferme reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud, tout en redoublant de fermeté, à l’instar des récentes sorties de ses hauts diplomates et ambassadeurs auprès de l’ONU, pour exhorter l’ensemble des parties, y compris le Polisario, à abandonner les options obsolètes du statu quo et à s’approprier le plan d’autonomie.
Fidèle au cadre normatif établi l’année précédente, Guterres insiste sur l’impératif d’agir strictement conformément à la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité. Le Secrétaire général rappelle que toute initiative présente et future doit s’adosser rigoureusement aux résolutions adoptées par le Conseil entre 2018 (résolution 2440) et 2025, transformant ces paramètres en un corpus juridique intangible.
La résolution 2797 marque en effet un tournant historique en consacrant explicitement le plan marocain d’autonomie comme la base incontournable des négociations sérieuses et crédibles. De surcroît, elle institutionnalise l’obligation de la participation pleine et entière de l’Algérie à toutes les tables rondes, actant son rôle central dans la genèse et la résolution du conflit.
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Le rapport d’octobre 2026 prolonge et consolide cette clarté institutionnelle. En qualifiant l’autonomie de «résultat le plus réalisable», le Secrétaire général entérine définitivement le fait que le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine constitue désormais l’unique épicentre autour duquel s’articulent les discussions constructives, balayant les thèses surannées et les alternatives irréalistes.
Dans son document, Guterres précise en outre que toute proposition doit s’inscrire dans le cadre d’un «véritable processus de consultation» avec les populations locales. Ce processus d’autodétermination trouve précisément son expression la plus achevée, inclusive et démocratique au sein du plan d’autonomie marocain, lequel offre aux habitants des provinces sahariennes la gestion intégrale de leurs affaires locales à travers des institutions législatives, exécutives et judiciaires propres.
Le Secrétaire général recommande au Conseil de sécurité de proroger le mandat de la MINURSO d’un an supplémentaire, jusqu’au 31 octobre 2027, «tout en tenant compte de l’évolution du processus politique». Cette reconduction intervient dans un climat d’évolution stratégique: si le mandat initial est axé sur l’observation, les discussions au sein du Conseil laissent entrevoir qu’une réflexion de fond est ouverte sur la forme future de la mission. Un réaménagement de ses attributions, glissant d’une stricte surveillance du cessez-le-feu à un rôle d’accompagnement et de facilitation de la transition politique vers la mise en œuvre effective du plan d’autonomie, demeure plus que jamais sur la table.




