Ce mercredi, le Maroc se rend aux urnes pour ses élections législatives. Et au Sahara comme ailleurs, voire plus qu’ailleurs, la mobilisation est au rendez-vous. Les Sahraouis votent massivement et, scrutin après scrutin, démontrent un attachement viscéral à l’exercice démocratique qui dément l’ensemble des discours clivants.
Une dynamique qui défie les statistiques nationales
Loin d’être un phénomène ponctuel ou une exception conjoncturelle, l’engagement civique des Sahraouis est une constante qui s’affirme et se renforce au fil des décennies. L’analyse des chiffres électoraux successifs est à cet égard éloquente. Elle révèle des taux de participation qui, de manière récurrente, dépassent très largement la moyenne nationale.
Déjà en 2007, alors que la moyenne nationale s’établissait à 37%, les citoyens des provinces du Sud affichaient des taux de mobilisation bien supérieurs, atteignant 50% à Laâyoune et grimpant jusqu’à 62% à Dakhla. Une tendance similaire s’est confirmée lors du scrutin de 2011: face à une moyenne nationale de 45,4%, la région d’Oued Eddahab se distinguait avec une participation de 58,5%.
L’ancrage de cette citoyenneté active ne s’est jamais démenti par la suite. En 2016, dans un contexte global où la moyenne nationale atteignait 42,3%, Laâyoune marquait les esprits avec un taux de 57,2%. Enfin, lors des dernières élections de 2021, cet écart s’est encore creusé: pour une moyenne nationale de 50,18%, les habitants de Laâyoune ont voté à 66,94%, tandis que Dakhla enregistrait une participation de 58,30%.
Le plébiscite civique
Ces chiffres traduisent une réalité incontestable. La répétition de ces scrutins et l’ampleur de la participation constituent de facto un plébiscite civique répété en faveur de l’ancrage institutionnel au sein du Maroc. Dans les provinces du Sud, les Sahraouis exercent pleinement leurs droits civiques en choisissant leurs représentants locaux, régionaux et nationaux parmi une pluralité de partis politiques. Ils gèrent leurs affaires et font vivre les institutions de l’intérieur.
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Ce dynamisme électoral n’a rien d’un feu de paille ou d’un phénomène conjoncturel. Il s’agit d’une tendance lourde, maintenue sur plusieurs décennies, qui réduit à néant le narratif séparatiste selon lequel les populations sahariennes bouderaient les institutions du Royaume.
En face, les séparatistes du Polisario prétendent parler au nom des populations sahariennes sans avoir jamais reçu le moindre mandat. À Tindouf, l’organisation s’arroge depuis un demi-siècle une représentation exclusive qu’elle s’est toujours bien gardée de soumettre au verdict des urnes. Le contraste est saisissant et résume à lui seul le débat. D’un côté, des citoyens qui s’expriment et choisissent librement à travers le suffrage universel. De l’autre, une direction autoproclamée, retranchée dans ses certitudes, sans jamais avoir validé sa légitimité par le moindre suffrage universel ou le moindre vote pluraliste. D’un côté s’exprime la légitimité démocratique, incarnée par des urnes ouvertes, des débats contradictoires et une participation citoyenne fervente. De l’autre subsiste une entité subordonnée à Alger, coupée des réalités du terrain et sourde aux exigences de la transparence démocratique moderne.
Les Sahraouis parlent à travers les urnes. Le Polisario prétend parler en leur nom. Dès lors, la question s’impose d’elle-même: qui devons-nous réellement écouter? La réponse est claire comme de l’eau de roche.




