Les transhumances entre partis n’ont jamais été aussi importantes qu’à la veille des prochaines élections législatives. Cette situation est particulièrement marquée dans les régions du Sahara, devenues un véritable ring où le PAM et l’Istiqlal s’affrontent sans merci. Dans son édition du week-end des 18 et 19 juillet, le quotidien Assabah rapporte que ces deux partis mènent, chacun de son côté, un véritable forcing pour préserver leurs troupes dans la région ou débaucher le plus grand nombre possible de cadres chez leur adversaire. La tâche est d’autant plus aisée dans ces régions qu’il suffit de rallier un groupe très restreint de notabilités locales. Car, au Sahara, conquérir une notabilité revient à s’assurer les voix de tout son clan.
C’est ce qui explique, selon Assabah, que l’Istiqlal a dépêché en urgence plusieurs responsables du parti sur place afin d’enrayer l’hémorragie qui est en train de vider les rangs du parti de la Balance, traditionnellement bien implanté au Sahara.
Ces tournées, organisées par le PI ainsi que par d’autres partis, visent à rencontrer les élus locaux, les parlementaires, les hommes d’affaires et les notables du Sahara afin de les convaincre de respecter la discipline partisane en matière d’adhésion, de mobilisation et de vote.
La sonnette d’alarme a été tirée au sein du parti de l’Istiqlal et du RNI à la suite de la visite effectuée par Fatima Ezzahra Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collégiale du PAM, dans les régions de Dakhla-Oued Eddahab et de Laâyoune-Sakia El Hamra, où elle aurait réussi à bouleverser la carte politico-électorale du Sahara. En effet, après avoir attiré dans ses rangs des personnalités de poids à Dakhla, la dirigeante du PAM a réussi à faire revenir au sein de son parti la puissante famille Joumani. Cette dernière constitue un important contrepoids, à Laâyoune, face à l’influent membre de l’Istiqlal, Moulay Hamdi Ould Errachid, dont l’influence s’étendait jusqu’à Dakhla. Celui-ci aurait toutefois perdu du terrain dans cette région à la suite de l’adhésion de Yenja El Khattat au PAM, emportant avec lui la quasi-totalité des élus de la région, ce qui laisse présager un basculement de Dakhla dans le giron du Tracteur, au détriment de l’Istiqlal.
Si le parti de l’Istiqlal tente ouvertement de préserver ce qui reste de sa forte implantation d’autrefois dans les trois régions du Sahara (Laâyoune-Sakia El Hamra, Dakhla-Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun), la plupart des autres partis ont choisi de privilégier des négociations discrètes dans les régions du Sud, tout en reconnaissant implicitement qu’ils ne pourront y récolter que les miettes laissées par le duel entre le PAM et l’Istiqlal.




