Gaza: comment, par des actes concrets et un leadership agissant, le Maroc s’engage pour la paix et la reconstruction

Nasser Bourita lors de la signature de la Charte constitutive du Conseil de Paix.

Nasser Bourita lors de la signature de la Charte constitutive du Conseil de Paix.. AFP or licensors

En paraphant ce mercredi 15 juillet 2026 à Rabat l’Accord de participation à la Force internationale de stabilisation à Gaza, le Royaume concrétise une vision royale humaniste et pragmatique. Loin des postures de pure rhétorique, cette initiative pionnière marque un tournant historique dans le processus de paix et de reconstruction à Gaza. Analyse d’un déploiement solidaire sans précédent.

Le 16/07/2026 à 10h46

Une nouvelle page s’est écrite ce mercredi 15 juillet 2026 au siège de l’Administration de la défense nationale à Rabat. En exécution des hautes instructions du roi Mohammed VI, chef suprême et chef d’état-major général des Forces armées royales (FAR) et président du Comité Al Qods, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et le ministre délégué auprès du chef du gouvernement, chargé de l’Administration de la défense nationale, Abdeltif Loudiyi, ont scellé l’Accord relatif à la participation du Maroc à la Force internationale de stabilisation à Gaza (ISF). Cette cérémonie de signature d’envergure s’est déroulée en présence du général de corps d’armée, inspecteur général des FAR et commandant la zone Sud, ainsi que du général de corps d’armée, commandant la Gendarmerie royale. La délégation de haut niveau accueillie à cette occasion était menée par Nickolay Mladenov, haut représentant du Conseil de paix pour Gaza, accompagné de responsables de ce conseil et du commandant en chef de l’ISF.

Déploiement, mode d’emploi

Cette visite s’inscrit en droite ligne de la matérialisation des engagements du Maroc en tant que membre fondateur du Conseil de paix, conformément aux hautes directives royales annoncées lors de la réunion inaugurale de cette instance à Washington sous la présidence du chef d’État américain Donald Trump. Le Maroc devient ainsi la toute première nation à ratifier un accord technique et opérationnel de cette nature.

La démarche s’appuie sur la solide expérience accumulée par les Forces armées royales dans le cadre des opérations de maintien de la paix sous l’égide des Nations Unies. La diplomatie marocaine démontre ainsi sa capacité à transformer des principes moraux en leviers d’action concrets sur le terrain, sans jamais dévier de sa position fondamentale en faveur de la solution à deux États. Le Maroc réitère à cette occasion la nécessité absolue de l’établissement d’un État palestinien souverain et indépendant, sur la base des frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, coexistant dans la sécurité et la sérénité avec Israël.

Face à l’immensité du drame humanitaire qui frappe la bande de Gaza, où les pertes civiles dépassent les 70.000 morts, dont plus de 20.000 enfants, et où les besoins de reconstruction globale sont évalués à quelque 53 milliards de dollars, l’action du Maroc est immédiate. Celle-ci se traduit concrètement par l’envoi d’officiers de haut rang des FAR pour intégrer le commandement conjoint de la force transitoire, ainsi que de cadres hautement qualifiés de la Gendarmerie royale et de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN). Ces forces publiques auront pour mission essentielle de former, d’appuyer et de structurer le nouveau corps de police palestinien afin de restaurer l’ordre public et la sécurité intérieure.

Au-delà du volet sécuritaire, le déploiement se double d’un pilier humanitaire majeur à travers la mise sur pied d’un hôpital militaire de campagne entièrement équipé au profit de la Force et de la population locale. Cet effort s’inscrit dans la continuité de la solidarité constante du Souverain, qui avait déjà permis l’acheminement unique par voie terrestre de 280 tonnes d’aides médicales et alimentaires d’urgence au cours de l’année 2025, réparties entre 180 tonnes en juillet et 100 tonnes en août. De surcroît, un appui budgétaire direct et un soutien financier dépassant 2,2 millions de dollars ont été injectés via l’Agence Bayt Mal Al-Qods, laquelle mène un travail quotidien crucial pour préserver le patrimoine historique et améliorer les conditions de subsistance des Palestiniens à Jérusalem-Est. De manière tout aussi novatrice, le Royaume s’est engagé à être le premier pays à abonder directement le budget de fonctionnement du Conseil de paix pour Gaza et lancera parallèlement un programme ciblé de déradicalisation visant à promouvoir les valeurs de tolérance, de modération et de coexistence pacifique dans la région.

Une force de stabilisation

L’un des points cardinaux de cette initiative est la nature profonde de cette intervention. Instituée sous l’autorité d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, la Force internationale de stabilisation n’est en aucun cas une force d’occupation. Son mandat est strictement intérimaire, protecteur et constructif. Il s’agit avant tout de sécuriser la bande de Gaza durant une phase délicate de transition, de garantir la protection physique des populations civiles, de faciliter le retour dans la dignité des familles déplacées et de créer un sanctuaire logistique sécurisé pour acheminer l’aide humanitaire internationale et amorcer les grands chantiers de la reconstruction.

«La participation marocaine ne saurait être interprétée comme un ralliement partisan au détriment d’une composante ou d’une autre. C’est une démarche d’interposition et de sauvetage visant à préserver le droit fondamental à la vie. En s’impliquant directement, le Maroc tend une main secourable pour que les enfants gazaouis puissent retrouver le chemin de l’école, que les infrastructures sanitaires soient réhabilitées et que le cycle infernal de la violence laisse place à une paix pérenne», nous explique une source bien informée. Cette décision audacieuse s’inscrit dans la dynamique globale du plan de paix présenté par le président américain Donald Trump, dont le Maroc salue l’engagement personnel constant, à l’instar des efforts de toutes les parties prenantes engagées dans cette voie de progrès social et de sécurité collective.

Le modèle marocain

La position d’avant-garde occupée par le Royaume du Maroc dans cette architecture de paix post-conflit découle directement de la haute stature morale, éthique et diplomatique du roi Mohammed VI. En combinant la présidence du Comité Al Qods avec des relations diplomatiques multilatérales de premier ordre, le Souverain dispose d’une légitimité politique et d’une crédibilité internationale rares, respectées par l’ensemble des acteurs mondiaux. «C’est cette confiance unique qui permet au Royaume de mener des opérations humanitaires complexes et inédites et d’être le premier signataire d’un accord qui jette les bases juridiques et techniques de la reconstruction de Gaza», souligne notre interlocuteur.

À travers cet acte fondateur, le Maroc démontre que la paix durable ne se décrète pas par de simples professions de foi ou des condamnations stériles, mais qu’elle se bâtit patiemment par des investissements politiques, financiers et humains sur le terrain. En déployant simultanément ses soldats, ses policiers, ses gendarmes et ses médecins, le Royaume confirme sa doctrine immuable: la diplomatie de l’action prime sur celle du discours. Ce traité de stabilisation est la preuve tangible que Gaza peut cesser d’être un théâtre d’affrontements pour devenir un véritable chantier d’espoir et de réconciliation.

Par Tarik Qattab
Le 16/07/2026 à 10h46