Les propriétaires de piscines privées à Tanger se frottent les mains en cette période estivale et caniculaire. Et pour cause, ils imposent des prix exorbitants à leurs clients, faute de concurrence de la part de piscines publiques propices à la baignade, quasiment inexistantes sur place.
Dans son édition du mercredi 16 juillet, Al Akhbar rapporte que les prix pratiqués par les piscines privées n’ont rien à voir avec le niveau du pouvoir d’achat moyen de la majorité des familles de Tanger. D’autant que ces dernières sont très nombreuses à fréquenter, en période estivale, les piscines privées, malgré leur cherté, de préférence aux plages. C’est cette absence de toute offre publique adéquate en matière de piscines qui a permis aux opérateurs du secteur d’imposer leur loi en affichant des prix à leur guise, faute de concurrence.
Il est temps, face à cette situation qui perdure, selon Al Akhbar, avec des piscines privées qui exigent en moyenne 300 DH par personne, que les autorités locales interviennent pour mettre à la disposition des larges couches de la population de Tanger des infrastructures d’estivage à la portée de toutes les bourses. Une grande piscine publique constituerait un premier pas bienvenu, que les candidats aux prochaines élections locales feraient bien d’inscrire dans leurs programmes électoraux, tout en respectant leurs engagements.
Aujourd’hui, de nombreuses familles se plaignent de cette situation de monopole et des prix inabordables imposés par les piscines privées. En plus de demander une baisse des prix dans ces établissements, elles exigent des autorités qu’elles respectent le droit de tous les habitants de la ville à un estivage décent, d’autant plus que l’été est une période marquée par d’importantes dépenses familiales. Or, les autorités se sont toujours retranchées derrière l’argument selon lequel la ville de Tanger est bordée par deux mers, l’océan Atlantique et la Méditerranée, et qu’elle n’a, de ce fait, pas besoin de piscines publiques.
Cette idée était peut-être valable du temps de Tanger l’Internationale, avec des plages propres et une population réduite. Aujourd’hui, en revanche, la ville est devenue plus vaste et sa population ne cesse de croître. D’ailleurs, Tanger était dotée, par le passé, d’une piscine publique ouverte à tous, dans la zone dite «Donabo», avant que cette piscine, qui existe toujours, ne tombe dans l’escarcelle d’un club privé, qui l’a réservée à une clientèle restreinte.




