C’est ce jeudi 16 juillet à Rabat que se tient la 15ème session de la Réunion de haut niveau (RHN) Maroc-France, sous la coprésidence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et du Premier ministre français, Sébastien Lecornu.
Dans ses propos introductifs à la séance plénière, Sébastien Lecornu a d’abord adressé, au nom de la délégation et du gouvernement français, ses remerciements au roi Mohammed VI pour la qualité de l’accueil réservé à la délégation depuis la veille au soir, pour les réunions bilatérales tenues dans la matinée et pour le moment de recueillement à la mémoire de feu Mohammed V et de feu Hassan II au mausolée.
Il a qualifié la rencontre de «moment charnière», rappelant que les Réunions de haut niveau avaient été imaginées il y a plus de trente ans, lors de la visite d’État de feu Hassan II, dans le but de créer des liens interministériels, politiques, diplomatiques, économiques, culturels et agricoles entre les deux pays, et d’organiser une gouvernance particulière entre eux. Il a relevé que la dernière RHN tenue au Maroc remontait à 2017, et la dernière rencontre entre les deux pays à 2019, précisant qu’il était indispensable de reprendre cet agenda malgré la complexité de la politique intérieure française.
Sébastien Lecornu a également évoqué la visite d’État historique effectuée par le président français au Maroc en octobre 2024 à l’invitation du roi Mohammed VI, rappelant qu’il y assistait alors en tant que ministre des Armées, et que de nombreuses décisions avaient été prises à cette occasion avec la promesse d’un «changement d’échelle dans la relation bilatérale». Il a indiqué que les instructions données depuis par les deux chefs d’État avaient permis une vingtaine de visites de ministres marocains en France et seize déplacements de ministres français au Maroc.
Vers un «traité d’amitié hors normes»
Le Premier ministre français a précisé que cette rencontre devait permettre de dresser un bilan des décisions prises par les deux chefs d’État et de tirer des conclusions sur plusieurs politiques publiques évoquées lors de l’entretien bilatéral du matin, citant notamment la sécurité et la lutte contre le terrorisme face aux grandes déstabilisations du monde. Il a annoncé que cette séquence devait ouvrir la voie à la visite d’État du roi Mohammed VI en France qui va déboucher sur un «traité d’amitié hors normes».
Les travaux de la 15ème session de la Réunion de haut niveau (RHN) Maroc- France se sont ouverts, jeudi à Rabat, sous la coprésidence du Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et du Premier ministre français, Sébastien Lecornu.
Sébastien Lecornu a résumé le sens de sa présence à Rabat, entouré d’une importante délégation ministérielle, comme la volonté de «changer d’échelle dans la relation bilatérale» entre les deux pays, mais aussi vis-à-vis de l’Union européenne, dont il a souhaité que le Maroc et la France soient un «port d’amarrage», et de l’ensemble du continent africain, évoquant les enjeux de sécurité, les défis démographiques et environnementaux qui le concernent.
Il a conclu en indiquant que cette réunion de travail devait permettre aux deux chefs d’État de prendre des décisions historiques dans les prochaines semaines et les prochains mois, se disant heureux, à titre protocolaire comme personnel, de se trouver à Rabat aux côtés du Chef du gouvernement.
Juste avant, Aziz Akhannouch s’est entretenu avec Sébastien Lecornu. Ont pris part à cette rencontre, du côté marocain, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, ainsi que l’ambassadrice du Royaume du Maroc en France, Samira Sitail. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et l’ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot, y ont participé côté français.
Le chef du gouvernement a souligné, au début de ces entretiens, que la tenue de cette RHN revêt une importance particulière dans le cadre de la dynamique nouvelle qui marque les relations maroco-françaises, impulsée par le roi Mohammed VI et le président de la République française, Emmanuel Macron, à l’occasion de la visite d’État effectuée par ce dernier dans le Royaume en octobre 2024. Le partenariat d’exception renforcé, établi à cette occasion, a ouvert une page nouvelle dans les relations entre les deux pays.
Aziz Akhannouch a assuré que la 15ème RHN Maroc-France constitue un mécanisme gouvernemental de suivi et de pilotage du partenariat d’exception renforcé, d’évaluation des progrès accomplis dans la mise en œuvre des engagements arrêtés au plus haut niveau entre les deux pays. Elle permettra d’identifier de nouveaux projets structurants, à même d’esquisser les horizons de l’étape prochaine des relations privilégiées entre le Maroc et la France. Cette réunion se tient dans un contexte marqué par un renforcement sans précédent des relations politiques entre le Royaume et la République française, à la faveur de l’évolution historique de la position française sur la question du Sahara marocain.
Le Premier ministre français et la délégation l’accompagnant ont également visité le mausolée Mohammed V à Rabat, où ils se sont recueillis sur les tombes de feu le roi Mohammed V et feu le roi Hassan II.
Il a déposé une gerbe de fleurs sur les tombes des deux regrettés souverains, avant de procéder à la signature du livre d’or du mausolée. À cette occasion, des explications ont été fournies au Premier ministre français sur le cachet architectural authentique de ce monument civilisationnel.
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, et la délégation l'accompagnant ont visité, jeudi, le mausolée Mohammed V à Rabat
À l’issue de la séance plénière, le Maroc et la France vont procéder à la signature de quatorze accords, conventions et lettres d’intention, couvrant les domaines diplomatique, éducatif, culturel, scientifique et de défense.
Sur le plan diplomatique, les deux pays vont signer une lettre d’intention relative à la coopération en matière de politique étrangère féministe. Le secteur de l’aviation civile est également concerné, avec une annexe à l’arrangement technique liant les deux administrations.
Dans le domaine maritime, l’École nationale supérieure maritime (ENSM) française et l’Institut supérieur d’études maritimes (ISEM) marocain vont conclure une convention de partenariat. Deux conventions de prêt seront signées avec l’Agence française de développement (AFD), la première portant sur le RER de Rabat, la seconde sur la politique de l’eau.
L’enseignement fera l’objet d’une déclaration d’intention sur l’enseignement de la langue arabe et de l’histoire-géographie dans le réseau d’enseignement français. Le volet culturel sera marqué par une convention de partenariat stratégique entre l’Institut du monde arabe et le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, complétée par une lettre d’intention sur les résidences d’artiste et une autre concernant la participation du Maroc au Fonds pour les auteurs et producteurs africains.
La coopération scientifique sera renforcée par un projet d’accord-cadre entre le CIRAD et l’Institut agronomique et vétérinaire (IAV) Hassan II. Le Groupe La Poste et Barid Al Maghrib vont, de leur côté, signer un accord de coopération, tandis que le CEREMA et le LPEE vont conclure une convention cadre de coopération. Le volet défense n’est en reste, avec les termes de référence du comité bilatéral «industrie de défense» et un arrangement technique sur les archives militaires.
Après le déjeuner officiel, le cortège doit ensuite rejoindre l’aéroport de Rabat-Salé, où l’appareil transportant la délégation française doit décoller à destination de Paris, à l’issue d’une cérémonie de départ officielle sur le tarmac.
À noter que la réunion connaît la participation, côté marocain, du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, de la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, du ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada, et du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Ahmed El Bouari.
Y participent également le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdeltif Loudiyi, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni ainsi que le Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hjira.
La délégation française est composée du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Roland Lescure, de la ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache, de la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Éléonore Caroit, ainsi que de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.
Elle comprend également le ministre des Transports, Philippe Tabarot, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, la ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Le Henanff, et le ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Nicolas Forissier. Rappelons que la journée de jeudi a débuté par le départ de la délégation en direction du mausolée Mohammed V.


















