Les autorités judiciaires de Settat se sont saisies d’un enregistrement audio circulant sur les réseaux sociaux et ont ordonné, lundi, l’ouverture d’une enquête urgente sur cette affaire d’achat de voix d’électeurs. Dans son édition du mercredi 23 septembre, le quotidien Assabah rapporte que, dans cet enregistrement devenu viral, on entend un échange téléphonique entre deux personnes au cours duquel l’appelant propose à son interlocuteur une somme d’argent pour qu’il lui serve de rabatteur de voix électorales. Il lui est ainsi demandé d’enrôler un groupe d’électeurs et de les influencer financièrement afin qu’ils votent en faveur d’une formation politique précise lors des législatives de ce mercredi.
Le même jour, une affaire similaire a éclaté à El Jadida. Une personne a été placée en garde à vue sur ordre du procureur général près le tribunal de première instance, en attendant les résultats de l’enquête judiciaire dont elle fait l’objet. Il s’agit, là aussi, d’un enregistrement vocal relatif à une affaire d’achat de voix électorales. Plusieurs autres personnes seraient toujours recherchées pour leur implication dans ce marché des voix.
Assabah rappelle que, deux semaines plus tôt, le procureur général près la Cour d’appel de Kénitra a lui aussi ordonné l’ouverture d’une enquête à la suite des déclarations d’un candidat prétendant que l’argent sale était massivement utilisé dans les élections. Ce candidat aurait évoqué l’existence d’importantes sommes d’argent, tirées de la vente de grandes quantités de drogue, qui auraient été investies pour influencer les électeurs en faveur d’un parti donné et de ses candidats.
Par ailleurs, l’enquête sur des images montrant des distributions directes d’argent à des électeurs a été bouclée. Il s’est avéré que les personnes apparaissant sur la vidéo de ces distributions d’argent sont, en réalité, des contractuels engagés par des candidats pour leur campagne électorale, en contrepartie d’une rémunération convenue entre les deux parties.
Cependant, les personnes dont il est confirmé qu’elles ont violé la loi sur les élections risquent, en vertu du Code pénal, des peines privatives de liberté allant jusqu’à deux ans de prison, ainsi que des amendes et une privation de leurs droits civils et politiques pendant cinq ans.
Ces réactions du parquet général sur plusieurs fronts interviennent dans le cadre de la mise en œuvre de la loi organique 53.25 relative à la moralisation de la vie politique et au renforcement de l’intégrité des scrutins.




