Élections législatives: la dépense publique locale sous étroite surveillance dans la campagne électorale

Une réunion s'est tenue ce 20 juillet 2026 au siège du ministère de l'Intérieur pour l'activation d'une commission centrale de suivi des élections pour les législatives 2026.

Revue de presseLa campagne des législatives a introduit une nouvelle donne dans la gestion des communes et des arrondissements. Chaque projet annoncé, chaque convention conclue, chaque marché attribué peut désormais être interprété comme un acte électoral. Face à ce risque, les services financiers durcissent leurs procédures. Une vigilance saluée par certains, contestée par d’autres, qui y voient un obstacle à la bonne marche des projets. Cet article est une revue de presse du quotidien Assabah.

Le 17/09/2026 à 21h07

Les dépenses des communes et des arrondissements sont désormais soumises à un régime de contrôle inédit, depuis que les présidents de communes et les élus locaux ont investi la campagne des législatives. Leur engagement revêt deux formes: directe, par la candidature ou le soutien affiché à des prétendants, indirecte, par la promotion de projets, la conclusion de conventions, l’attribution de marchés publics ou l’annonce de promesses de chantiers à venir. «Autant de canaux par lesquels l’action publique se mue, insidieusement, en tribune électorale», rapporte Assabah de ce vendredi 18 septembre.

Des données convergentes révèlent que les services de la Trésorerie générale du Royaume redoublent d’attention dans l’examen des dossiers financiers qui leur sont soumis pour validation, en particulier lorsqu’il s’agit de dépenses ou de projets susceptibles, par leur calendrier ou leur mode de présentation, de se transformer en matière exploitable à des fins électorales. Des sources indiquent que la situation est appréhendée avec une sensibilité accrue lorsqu’un président de commune ou d’arrondissement, engagé dans la campagne, dévoile de nouveaux projets aux habitants, annonce la signature de conventions et de marchés, ou évoque des programmes et des promesses de chantiers en pleine période électorale.

Les mêmes sources soulignent que des concurrents commencent à appeler à éviter tout chevauchement entre la gestion courante de la chose locale et l’action électorale. Ils estiment que les présidents de communes sont juridiquement tenus de poursuivre la gestion des services et l’exécution des programmes approuvés, alors même que cette étape électorale exige une vigilance renforcée quant à la manière de communiquer sur les projets et la dépense publique.

D’un autre côté, certains élus se plaignent de la fermeté des services financiers et de la longueur des délais d’étude de certains dossiers, y voyant un frein à l’exécution des projets programmés antérieurement. «D’autres concurrents, à l’inverse, considèrent que la circonstance électorale impose un contrôle plus strict, notamment pour les dossiers qui coïncident avec la campagne et qui pourraient être présentés à l’opinion publique comme des réalisations ou des promesses électorales», écrit Assabah.

Dans ce contexte, les regards se tournent vers les bons de commande, les marchés, les conventions et les ordres de paiement liés aux travaux, à l’équipement et aux services. Ces dossiers, estiment-ils, nécessitent un audit renforcé en amont de l’exécution, pendant celle-ci et au moment du paiement, afin d’éviter toute confusion entre la gestion du service public et les exigences de la compétition électorale.

Par Hassan Benadad
Le 17/09/2026 à 21h07