Investitures à Rabat: le casse-tête des partis à trois mois des élections législatives

Les prochaines élections législatives auront lieu le 8 septembre 2021 au Maroc.

Un bulletin de vote est glissé dans une urne, lors d'élections législatives au Maroc. . DR

Revue de presseÀ moins de six semaines du scrutin législatif prévu le 23 septembre, la capitale, Rabat, s’embrase d’une effervescence politique rare. Les investitures deviennent des enjeux de pouvoir et les circonscriptions des champs clos où se jouent aussi bien des rivalités internes que des affrontements partisans. Rabat-Océan, surnommée «la circonscription de la mort» à cause de l’âpreté de sa compétition, concentre les manœuvres les plus stratégiques, tandis que les partis rivalisent de calculs pour composer des listes capables de faire basculer les rapports de force. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 12/08/2026 à 17h49

À l’approche des élections législatives du 23 septembre prochain, la fièvre électorale gagne Rabat. Dans la capitale, les luttes d’influence s’exacerbent entre leaders, tandis que chaque formation tente de verrouiller ses positions dans des circonscriptions devenues de véritables arènes où se règlent les comptes partisans. Rabat-Océan, surnommée par les initiés «la circonscription de la mort» en raison de l’intensité de la compétition et de l’impossibilité de prédire ses résultats, figure en tête des bastions où la campagne électorale s’est ouverte bien avant l’heure. Les partis y avancent déjà des noms influents, mus par la volonté de peser sur un scrutin dont l’issue demeure incertaine, rapporte Al Akhbar de ce jeudi 13 août.

Selon les informations qui circulent dans les états-majors politiques de la capitale, la confrontation ne se limite plus à une opposition frontale entre adversaires traditionnels. Elle s’est déplacée à l’intérieur même des appareils partisans, opposant élus sortants et notables en quête de réinvestiture, mais aussi dirigeants nationaux soucieux de renouveler les listes et de promouvoir de nouvelles figures. Ce jeu d’équilibre fragile révèle des tensions profondes, où les ambitions personnelles et les stratégies collectives s’entrechoquent.

Ainsi, dans la section locale du RNI, l’atmosphère est électrique. Les désaccords se multiplient autour des parrainages et des choix de candidats, d’autant que les récentes dispositions électorales ont conduit au retrait de plusieurs personnalités établies, parmi lesquelles la maire de Rabat, Fatiha El Moudni. La compétition s’en trouve ravivée, tiraillée entre la volonté des élus sortants de préserver leurs fiefs et celle des instances dirigeantes d’insuffler un renouveau, en remodelant les rapports de force locaux.

Parallèlement, la quête de candidats capables de capter un maximum de suffrages s’est muée en une course contre la montre. Les formations politiques multiplient les approches, les rencontres secrètes et les tentatives de recrutement auprès des acteurs locaux, élus et responsables de sections, dans l’espoir de constituer des listes compétitives. Ce phénomène ne se cantonne pas à RabOcéan: l’ensemble des circonscriptions de la capitale est agité par ces premières manœuvres, où les contacts et les tractations se font plus denses à mesure que l’échéance approche, note Al Akhbar.

Pourtant, cette effervescence inquiète les dirigeants. Plusieurs responsables redoutent que les divergences autour des investitures ne dégénèrent en fractures internes, voire en défections vers d’autres formations. L’histoire électorale locale l’a maintes fois montré: pour de nombreux élus, la fidélité à leur parti dépend étroitement de l’obtention de l’obtention du parrainage qui leur permettra de briguer un nouveau mandat.

Par Hassan Benadad
Le 12/08/2026 à 17h49