Ezzelzouli: une polémique entre critiques et justifications

Abdessamad Ezzalzouli portant le t-shirt aux messages faisant référence à Sebta, avant le coup d’envoi de Villarreal-Betis.

Revue de presseEn arborant un maillot «Nous sommes tous des Sebtaouis», Abdessamad Zelzouli, le joueur du Real Betis, a ravivé, peut-être sans le vouloir, une blessure profonde et a peut-être voulu ignorer cette évidence. Mais la mémoire d’un peuple ne se plie pas comme un maillot au coup de sifflet final. Au-delà du geste, c’est le silence assourdissant des instances du football national qui interpelle le plus. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 17/09/2026 à 19h47

Le joueur Abdessamad Zelzouli a troqué, en un instant, un maillot pour un autre, en préférant celui de «l’offense» à l’emblème de la nation. Comme si la patrie n’était qu’un bout de tissu que l’on plie après le match, comme si l’appartenance n’était qu’un écusson que l’on retire dès que s’éteignent les projecteurs du stade, comme si la mémoire de la terre s’évanouissait aussitôt que le public applaudit.

Zelzouli a cru, en portant le maillot estampillé «Nous sommes tous des Sebtaouis, qu’il s’agissait d’une séquence passagère», estimee l’éditorialiste d’Assabah dans son édition de vendredi 18 septembre. Mais il sait qu’il n’est ni un joueur espagnol ni un homme ignorant ses frontières, car il a choisi de porter le maillot de la sélection nationale et de représenter tout un pays, avec ses frontières géographiques et historiques, y compris les villes occupées de Sebta et Mellilia.

L’international marocain n’a pas saisi que le problème ne réside pas dans ce bout de tissu, comme certains voudraient réduire l’histoire à peu de chose, car Sebta n’est pas une ville étrangère à la conscience des Marocains, ni une question que l’on saurait mettre provisoirement en marge de la mémoire.

Selon son propre récit, Zelzouli ne cherchait peut-être pas à offenser le Maroc. Mais les intentions n’annulent pas toujours les connotations des images, surtout lorsqu’il s’agit de questions extrêmement sensibles. L’affaire aurait pu se clore simplement si le joueur s’était contenté de déclarer: «je ne cherchais pas à nuire à mon pays, je comprends la colère des Marocains et je vous prie de m’excuser pour cette image si elle a été perçue de la sorte». Or, il s’est engagé dans un éclaircissement qui n’avait rien d’une excuse, semblant davantage s’éloigner d’une sortie de crise que s’en rapprocher.

Ce qui surprend davantage encore, c’est le silence qui a entouré l’incident du côté des dirigeants du football national. Car le silence, dans certains cas, ne paraît pas toujours neutre : il se mue en un espace ouvert à toutes les interprétations. D’autant que l’opinion publique a le droit d’entendre une position claire de l’instance qui supervise le football national. «La persistance de ce silence, comme si rien ne s’était produit, pose plus de questions que le joueur lui-même», écrit l’éditorialiste d’Assabah.

Personne ne souhaite voir les joueurs de l’équipe nationale se transformer en ambassadeurs politiques, ni exiger d’eux qu’ils prononcent des discours patriotiques avant chaque match. Mais il faut savoir que celui qui porte le maillot de la sélection nationale ne porte pas seulement son nom: il arbore avec lui un drapeau, un hymne, une histoire, une mémoire et les sentiments des Marocains.

Par Hassan Benadad
Le 17/09/2026 à 19h47