Le pari électoral du PAM: entre hausse des aides sociales directes et exigence de rigueur budgétaire

Fatima-Zahra Mansouri, Fouzi Lekjaa et Mehdi Bensaïd.

Revue de presseEn plaçant l’universalité de l’aide sociale et la revalorisation du pouvoir d’achat au cœur de sa campagne, le Parti Authenticité et Modernité propose un programme d’envergure évalué à 350 milliards de dirhams. Porté par l’expertise technique de ses cadres, ce projet ambitionne de transformer en profondeur les mécanismes de ciblage, tout en soumettant la crédibilité politique à l’épreuve de la faisabilité financière. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 17/09/2026 à 19h07

Dans le cadre de la campagne électorale actuelle, le débat ne se limite plus aux transferts sociaux. Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) a formulé une proposition majeure en annonçant son intention d’abandonner progressivement l’indicateur actuellement utilisé pour cibler les familles bénéficiaires. «Cette mesure s’accompagne d’un engagement fort: porter l’aide directe à 1 000 dirhams par foyer», rappelle le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du vendredi 18 septembre.

Cette modification des critères de ciblage et l’augmentation substantielle du montant de l’aide soulèvent de nombreuses interrogations légitimes. En effet, passer du registre social à une aide universelle modifie profondément la conception même de la politique sociale. Qui seront les réels bénéficiaires? Selon quels critères précis ? Et surtout, comment ce programme sera-t-il financé?

Lors d’un meeting électoral tenu à Tanger, Fatima Zahra Mansouri, coordinatrice de la direction collégiale du PAM, a officialisé cet engagement. Elle a insisté sur la nécessité de réviser le mécanisme de ciblage actuel, tout en listant une série de mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat. «Parmi celles-ci figurent la création de sociétés publiques d’approvisionnement en denrées alimentaires, la réduction des intermédiaires, ainsi que l’exonération de l’impôt sur le revenu pour les salaires inférieurs à 15 000 dirhams», écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Ce programme s’articule autour de vingt engagements financiers majeurs, pour un coût total évalué à 350 milliards de dirhams sur la durée du mandat gouvernemental. Adel El Bitar, membre du bureau politique du parti, a précisé que ce chiffre est le fruit d’un diagnostic rigoureux mené sur deux ans. Il ne s’agit pas d’une promesse déconnectée de la réalité, mais d’une transition mûrie, passant d’une logique de ciblage strict à une approche plus inclusive.

Pour autant, la viabilité financière de ce projet suscite le débat. Le coût global de 350 milliards de dirhams représente un investissement colossal qui interpelle les observateurs quant aux sources de financement réelles. Fait notable, la pertinence de ce projet trouve une caution technique particulière à travers la figure de Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du parti et ministre délégué chargé du Budget. Son implication est perçue par la formation politique comme un gage de rigueur financière et de faisabilité technique.

Cependant, la véritable portée de cette annonce dépasse le simple chiffre budgétaire. Elle traduit la volonté d’un parti de lier sa crédibilité politique à la maîtrise des grands équilibres financiers. En proposant de revoir les mécanismes d’aide tout en augmentant les montants, le PAM élève le niveau du débat électoral, le faisant passer des promesses incantatoires à l’exigence de la redevabilité et de la transparence budgétaire. La capacité à concrétiser de tels engagements constituera sans aucun doute un test déterminant pour la confiance des citoyens envers les acteurs politiques.

Par La Rédaction
Le 17/09/2026 à 19h07