Élections 2026: les TPE-PME exigent un pacte national des partis politiques

Abdellah El Fergui, président de la Confédération marocaine des TPE-PME.

Revue de presseLa CM-TPME hausse le ton et adresse un mémorandum aux formations politiques pour exiger des engagements écrits et mesurables. Fiscalité, accès au crédit et commande publique: le patronat des petites structures réclame des réformes de fond pour libérer le potentiel de 4 millions d’entrepreneurs. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 16/09/2026 à 20h22

À l’approche des élections législatives du 23 septembre, la Confédération marocaine des TPE-PME monte au créneau pour placer les réalités des très petites, petites et moyennes entreprises ainsi que des auto-entrepreneurs au cœur du débat politique et économique. À travers un mémorandum incisif adressé à l’ensemble des partis politiques, l’organisation patronale exige des engagements écrits, précis et mesurables, rompant ainsi avec la tradition des simples promesses de campagne. Cité par le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 17 septembre, son président, Abdellah El Fergui, explique que «la démarche se veut pragmatique et vise à obtenir des garanties tangibles, dotées d’un calendrier d’évaluation, afin de mesurer l’impact réel des futures politiques publiques sur la croissance, l’investissement et la création d’emplois».

Ce coup de force programmatique s’appuie sur une réalité démographique et économique incontestable, puisque les PME et TPE constituent plus de 98% du tissu productif national, englobant près de 4 millions d’acteurs économiques. Pourtant, ce poids écrasant ne les protège pas des obstacles structurels qui pèsent lourdement sur leur survie et leur compétitivité. Financement, création, investissement et développement restent entravés par des barrières persistantes. C’est pourquoi la Confédération réclame l’instauration d’un pacte national en faveur de l’entreprise de proximité, refusant tout traitement de faveur au profit de mesures structurelles concrètes.

Au rang des revendications prioritaires figure la question fiscale. Tout en rejetant l’idée d’un régime de faveur injustifié, la CM-TPME plaide pour une fiscalité adaptée aux réalités économiques et aux capacités contributives réelles des petites structures. L’impôt ne doit plus être un facteur de fragilisation ou de disparition de l’activité. «À ce titre, la Confédération conteste la progressivité du taux de l’impôt sur les sociétés introduite par la réforme de 2023, estimant qu’une TPE ne dispose ni de la surface financière ni des capacités administratives d’une grande entreprise pour y faire face sereinement», note L’Economniste.

Le front du financement constitue une autre source majeure de griefs. Si les pouvoirs publics ont multiplié les dispositifs au fil des ans, leur conception et leurs conditions d’accès n’ont pas permis de répondre aux besoins de la majorité des petites entreprises, les exposant davantage aux crises successives. La Confédération déplore un paradoxe persistant où les programmes d’envergure censés soutenir le secteur, tels qu’Intelaka, Forsa, Awrach ou Ana Moukawil, s’avèrent paradoxalement les plus difficiles d’accès pour les principaux intéressés, réclamant par conséquent un bilan exhaustif de leur impact réel sur le terrain.

La problématique de la commande publique cristallise également la frustration des entrepreneurs. Instauré théoriquement en 2013, l’objectif d’allouer 20 pour cent des marchés publics aux TPE-PME reste lettre morte treize ans plus tard. L’urgence n’est plus à la théorie, mais à l’effectivité, à la transparence et au contrôle de cette disposition. «Les chefs d’entreprise appellent de leurs vœux une simplification des procédures, un découpage intelligent des marchés et la publication régulière des parts effectivement attribuées», souligne L’Economiste.

L’accès au crédit demeure le talon d’Achille de ce écosystème. La CM-TPME formule des propositions audacieuses, allant d’une réforme profonde des critères d’octroi et de la réduction des garanties disproportionnées jusqu’à la création d’une banque d’État entièrement dédiée au financement et à l’accompagnement des TPE-PME, que ce soit pour le lancement, le besoin en fonds de roulement, l’investissement ou l’exportation. Les partis politiques sont donc désormais sommés de se positionner clairement sur ces chantiers vitaux pour l’avenir économique du pays.

Par La Rédaction
Le 16/09/2026 à 20h22