Les services du ministère de l’Intérieur à Tétouan et M’diq ont intensifié, en début de semaine, leur surveillance face à la montée en température de la campagne législative. Leur objectif: débusquer des flux financiers illicites, que certains cercles politiques tentent d’infiltrer dans les circonscriptions rurales, afin d’infléchir les suffrages des électeurs.
Des sources bien informées rapportent qu’à chaque échéance électorale, certains responsables de partis s’emploient à tisser des liens souterrains avec des réseaux de trafic de stupéfiants, des circuits de blanchiment d’argent et des lobbies influents du secteur immobilier, relaie Al Akhbar de ce mercredi 2 septembre. Ces connexions leur permettraient d’assurer, par des canaux indirects, le financement occulte de leurs campagnes, à l’abri des regards de tout contrôle légal.
Parallèlement, plusieurs notables locaux apportent leur soutien à des candidats parlementaires, en échange d’avantages multiples: obtention facilitée d’autorisations administratives, tolérances complaisantes sur des infractions aux règles d’urbanisme, voire des silences complices sur des manquements répétitifs.
Certains prétendants aux sièges de députés à Tétouan n’ont pas caché leur préoccupation face à cette augmentation monétaire dans la campagne. Ils dénoncent un phénomène qui fausse le principe d’égalité des chances entre les formations politiques et, qui plus est, dissuade la jeunesse de s’investir dans la vie législative et la gestion des affaires publiques locales.
En réaction, les services du ministère de l’Intérieur, non seulement à Tétouan et M’diq mais aussi dans l’ensemble des provinces du nord, ont adressé un avertissement solennel aux candidats. Ils leur rappellent que l’utilisation des deniers publics, de la fonction publique communale ou du matériel des collectivités à des fins électorales est strictement prohibée. Les contrevenants s’exposent à des sanctions d’une exemplaire sévérité: une radiation de la qualité de parlementaire, des poursuites judiciaires et, en conséquence, l’organisation d’élections partielles pour pourvoir les sièges vacants, écrit Al Akhbar.
Les sources du quotidien signalent par ailleurs que certains hommes d’affaires et des réseaux de blanchiment opérant dans le nord du Royaume n’hésitent pas à proposer des marchés alléchants pour soutenir discrètement des candidats, en contrepartie de services rendus de manière indirecte. Ces rétributions concernent des secteurs sensibles –commerce, promotion immobilière, projets d’équipement, blanchiment via l’immobilier– ainsi que toute prestation liée à la délivrance d’autorisations ou à l’exercice de prérogatives décisionnelles.




