Safi: un président de commune pris en flagrant délit de corruption grâce au numéro vert

Le président de la commune rurale d’Essaadla a été interpellé avec une bribe de 3.000 dirhams. (photo d'illustration). DR

Revue de pressePiégé par la Gendarmerie Royale à l’entrée de la ville de Safi, le président de la commune rurale d’Essaadla a été interpellé avec une bribe de 3.000 dirhams. Accusé d’extorsion par un conseiller municipal pour la délivrance d’un document administratif, cet élu de l’Istiqlal a été placé en garde à vue, jetant un froid sur la scène politique locale à l’approche des élections. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 09/08/2026 à 19h59

Le numéro vert contre la corruption a une nouvelle fois frappé, conduisant à l’arrestation spectaculaire du président de la commune rurale d’Essaadla, située dans la province de Safi. Vendredi dernier, les éléments de la Gendarmerie Royale ont placé cet élu affilié au Parti de l’Istiqlal en garde à vue, à la suite d’une opération d’interpellation en flagrant délit d’extorsion et de prise de bribe. «L’affaire a éclaté après la plainte déposée par un citoyen dénonçant le refus du président de lui délivrer un document administratif légitimement dû, à moins de s’acquitter d’une somme d’argent», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 10 août.

L’interpellation s’est déroulée à proximité du centre commercial Marjane, situé à l’entrée de la ville de Safi, dans le cadre d’un piège minutieusement orchestré. Cette opération a été conduite par la Gendarmerie Royale sous la supervision directe du parquet général près la Cour d’appel de Safi, en concertation étroite avec le plaignant. Pris la main dans le sac alors qu’il recevait la somme de 3.000 dirhams, le président a été immédiatement conduit au siège de la gendarmerie avec l’argent liquide préalablement identifié. Sur instruction du ministère public, le suspect a été placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête préliminaire afin d’éclaircir l’ensemble des circonstances entourant ce scandale, avant d’être déféré devant le procureur général du Roi pour répondre des accusations de corruption et d’extorsion.

Selon des détails concordants en provenance de Safi, le plaignant ne serait autre qu’un conseiller communal de la même localité, membre du parti de l’Union Constitutionnelle. Ce dernier avait formulé une demande d’autorisation administrative courante, mais s’est vu exiger une contrepartie financière pour obtenir la validation de son dossier. Refusant de céder à ce chantage, l’élu a recouru au numéro vert mis en place par la présidence du Ministère Public pour signaler les faits. Après le transfert du dossier au procureur général près la Cour d’appel de Safi, les éléments de la police judiciaire ont photocopié les billets de banque devant servir à la transaction. «Un rendez-vous a ensuite été fixé à l’entrée de la ville, où la remise de la somme s’est faite sous le regard vigilant des gendarmes en planque, qui sont intervenus instantanément», rapporte Al Akhbar.

À quelques semaines seulement des échéances électorales, cette arrestation résonne comme un coup dur pour le Parti de l’Istiqlal dans la région de Safi. Sur la scène politique locale, les réactions ne se sont pas fait attendre : si certains y voient une manifestation claire de la lutte contre la corruption, d’autres évoquent un fond de tensions politiques et de règlements de comptes entre adversaires locaux ayant facilité la chute du président. Le mis en cause doit être présenté au parquet général, où les prévisions s’orientent vers son placement en détention provisoire et l’ouverture de poursuites judiciaires sous des chefs d’inculpation particulièrement lourds.

Par La Rédaction
Le 09/08/2026 à 19h59