Budgets communaux: la circulaire de Laftit impose une nouvelle discipline financière

Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur du Royaume du Maroc.

Revue de presseLe ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a adressé une circulaire relative à l’élaboration et à l’exécution des budgets communaux pour 2027 aux walis et aux gouverneurs. Ce document trace les contours d’une nouvelle étape dans la gestion des deniers publics: maîtrise des dépenses de gestion, rationalisation des charges et interdiction de programmer la moindre dépense en dehors des moyens disponibles. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 02/10/2026 à 20h00

La circulaire ne se contente pas de lancer des mots d’ordre généraux sur l’austérité. Elle appelle à une révision concrète de plusieurs comptes de dépenses. Les communes sont ainsi invitées à réduire au maximum les achats de véhicules, à rationaliser et à plafonner les dépenses de transport, de déplacement et de carburant, et à restreindre l’usage des véhicules et des moyens de transport aux seuls besoins administratifs, rapporte Al Akhbar de ce week-end (3 et 4 octobre).

La liste des dépenses ciblées s’étend également aux frais de réception, de restauration, de cérémonies, de séminaires et de cadeaux, afin d’éviter tout usage en dehors de leur cadre administratif. La circulaire appelle aussi à rationaliser la consommation d’eau, d’électricité et de communications, en particulier l’éclairage public, dont le coût ne cesse de croître.

Le ministère s’intéresse en outre aux projets. La programmation des investissements n’est plus ouverte à toutes les propositions: elle doit désormais s’appuyer sur une programmation budgétaire triennale, fondée sur des normes économiques et financières réelles et justifiées annuellement. La circulaire insiste sur le respect des projets programmés dans le cadre des accords signés, sur l’accélération de l’exécution des projets finalisés et sur la non-introduction de nouveaux projets sans études préalables nécessaires.

Le ministère appelle les présidents des communes à tenir compte de la capacité à supporter les dépenses d’entretien des installations et des équipements qu’ils envisagent de réaliser. Autrement dit, le coût d’un projet ne doit pas être évalué uniquement à l’aune de son montant de réalisation, mais aussi en fonction de ce qu’il coûtera à l’avenir en entretien et en exploitation. La circulaire préconise, à cet égard, de donner la priorité aux projets les plus rentables sur les plans économique, social et environnemental.

Dans le domaine de l’hygiène, le ministère appelle à instaurer une nouvelle gouvernance dans la gestion de ce service communal, écrit Al Akhbar. Celle-ci doit s’appuyer sur la rationalisation des dépenses et garantir la pérennité des investissements publics nécessaires pour assurer la continuité et la généralisation des services de collecte, de propreté et de mise en décharge.

Enfin, le ministère mise sur l’augmentation des ressources propres des communes, à travers l’amélioration du recouvrement et l’appui aux perceptions communales pour le recouvrement des taxes et redevances exigibles.

Par Hassan Benadad
Le 02/10/2026 à 20h00