Pour Abdelouafi Laftit, «Il n’y a pas de guerre entre les walis et les présidents de régions»

Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur.

Revue de presseLe ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a souligné, lors d’une réunion au Parlement, les difficultés persistantes dans la mise en œuvre des compétences dévolues aux conseils régionaux depuis plus de dix ans. Une situation qui entrave leur capacité à jouer pleinement leur rôle dans le développement territorial. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 21/05/2026 à 19h40

Lors d’une séance détaillée au Parlement consacrée au projet de loi organique n° 03.16 modifiant et complétant la loi organique relative aux régions (111.14), le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a dressé un constat sans appel: «l’absence d’harmonisation entre les différents secteurs dans la répartition des compétences, qu’elles soient exclusives ou partagées, rend leur application quasi impossible». «Selon lui, cette lacune découle d’un manque de clarté dans la définition des prérogatives, rendant leur mise en œuvre concrète particulièrement ardue», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du vendredi 22 mai.

Laftit a illustré ses propos par des exemples concrets, notamment dans le domaine des transports. «Le législateur a conféré aux régions la compétence pour fournir des moyens de transport, mais sans préciser leur nature: s’agit-il de liaisons interurbaines, interrégionales ou simplement intra-urbaines?» a-t-il interrogé, soulignant l’impossibilité pour les collectivités de se saisir pleinement de cette mission. Le même flou entoure la gestion de la formation professionnelle, où la question se pose: les régions doivent-elles gérer les centres de formation avec leurs propres moyens ou sous l’égide de l’Office national de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT)?

Le ministre a tenu à démentir toute rivalité entre élus locaux et hauts fonctionnaires, précisant que les futurs directeurs des sociétés régionales, nommés par son département, viendront compléter les équipes déjà en place.

Face à ces défis, le gouvernement envisage la création de sociétés régionales dédiées à la gestion et à l’exécution des projets de développement. Une solution présentée comme plus efficace et flexible que les agences prévues par la loi organique de 2015. «Le débat ne doit pas se limiter aux moyens ou aux ressources, mais porter sur la capacité à garantir l’intégration, l’efficacité et la réussite des programmes de développement dans les meilleures conditions», a insisté le ministre.

Laftit a également dressé un parallèle entre l’ancienne et la nouvelle approche. «Contrairement aux anciennes structures, ces sociétés ne seront pas cotées en Bourse, ne chercheront pas à réaliser des profits et ne seront pas soumises à l’impôt. Leur capital restera entièrement public, et leur gestion sera confiée aux présidents des conseils régionaux, précise le ministre. L’objectif est d’assurer une meilleure efficacité, une qualité accrue des projets et un suivi rigoureux de leur exécution. «L’enjeu ultime est d’éviter que ces compétences ne restent concentrées à Rabat», a-t-il conclu.

Par ailleurs, le ministre a abordé la question des marchés de gros, qualifiant le modèle actuel de dépassé et appelant à sa refonte. «Le terme même de marché de gros a perdu son sens originel. Maintenir ce système tel quel favorise la spéculation et la multiplication des intermédiaires», estime le ministre. Il a plaidé pour une réorganisation en profondeur, basée sur une réduction drastique des intermédiaires et une traçabilité claire des produits, du producteur au consommateur.

Par La Rédaction
Le 21/05/2026 à 19h40