Syndicats: l’UGTM lance une refonte majeure de ses structures

Youssef Allakouch, secrétaire général de l’UGTM.

Revue de presseDans un contexte marqué par des tensions internes et à l’approche d’échéances sociales majeures, l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) engage une vaste opération de restructuration. Objectifs: moderniser les outils de gouvernance, renforcer la transparence et recentraliser le pouvoir décisionnel au sein de l’organisation. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 21/05/2026 à 18h29

Le nouveau secrétaire général de l’UGTM, Youssef Allakouch, a donné le coup d’envoi d’une opération nationale d’envergure visant à actualiser les statuts de l’organisation et à réviser en profondeur sa structure organisationnelle. Cette initiative, formalisée par une note interne adressée aux fédérations, syndicats nationaux et unions régionales, s’inscrit dans une volonté de préparer l’organisation aux défis sociaux et électoraux à venir, notamment les élections des représentants des salariés prévues en 2027, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du vendredi 22 mai.

Selon le document, cette refonte s’appuie sur les dispositions du statut interne de l’UGTM et s’articule autour de trois axes principaux: la participation active des membres, l’écoute des revendications et le suivi rigoureux des structures organisationnelles à tous les niveaux. «Ce chantier organisationnel s’inscrit dans une logique de préparation des prochaines échéances, qu’il s’agisse des rounds de dialogue social, des élections des représentants des salariés ou encore des réunions statutaires liées au Conseil général et au Bureau exécutif de l’UGTM», précise la note.

Parmi les mesures phares annoncées, la création d’une plateforme numérique dédiée au suivi des affaires organisationnelles. Cet outil permettra aux militants et militantes de soumettre des dossiers individuels ou collectifs, de proposer des besoins en formation et en encadrement, et de contribuer à l’élaboration de positions organisationnelles au niveau régional et national. «Cette plateforme vise à renforcer la transparence et à garantir l’accès à l’information pour tous les membres», souligne un responsable syndical cité par Al Akhbar sous couvert d’anonymat.

Les sources internes à l’UGTM révèlent que cette initiative fait suite à une évaluation approfondie des accords sociaux signés ces dernières années. Un conclave régional a d’ailleurs conclu à la nécessité de lancer un audit organisationnel complet des structures syndicales, afin d’identifier les forces en présence et les dysfonctionnements internes.

La nouvelle direction, récemment élue, mise également sur la digitalisation des processus de gestion financière et organisationnelle. La numérisation est perçue comme un levier essentiel pour améliorer la gouvernance, renforcer la transparence et lier responsabilité et reddition de comptes. L’objectif est aussi de garantir la régularité du renouvellement des sections et des structures organisationnelles, conformément aux règles statutaires de l’UGTM. La plateforme numérique interactive, dont le lancement est prévu dans les prochains mois, permettra aux adhérents d’accéder à l’ensemble des décisions, accords et données financières de l’organisation. Cet outil vise à renforcer la confiance interne et à consolider le droit à l’information, tout en fournissant des données actualisées pour les négociations sectorielles et centrales, lit-on dans Al Akhbar.

Cependant, certaines voix au sein du syndicat soulignent que cette note organisationnelle, signée par Youssef Allakouch peu après son élection, ne se limite pas à une simple réforme administrative. Elle marque aussi le début d’une révision de la phase de leadership précédente et d’une recentralisation du pouvoir décisionnel au sein de l’organisation. Après des années de tensions et de conflits internes, la nouvelle direction semble déterminée à reprendre le contrôle des processus décisionnels. Les sources syndicales révèlent également que la direction exige désormais des fédérations et syndicats professionnels de fournir des copies des conventions collectives signées au cours des trois dernières années. Cette exigence reflète une volonté de vérifier la conformité des engagements passés avec les procédures internes de l’UGTM.

Par ailleurs, l’activation des dispositions statutaires qui limitent le pouvoir de signature au secrétaire général ou à ses délégués indique une volonté de recentraliser le processus décisionnel et de mettre fin à ce que certains appellent la multiplication des centres d’influence au sein de certains secteurs et représentations régionales. Cette refonte s’inscrit donc dans une dynamique de modernisation et de recentralisation, mais elle soulève également des questions sur l’équilibre entre transparence et contrôle interne au sein de l’organisation. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de ces réformes sur la gouvernance de l’UGTM et sur la défense des droits des travailleurs.

Par La Rédaction
Le 21/05/2026 à 18h29