Le Sahara marocain vu par John Bolton: quand la myopie idéologique ne résiste pas aux faits

John Bolton.

John Bolton.

Revue de presseJohn Bolton est certes un avocat dont l’appartenance à un célèbre cabinet américain lui a permis d’entrer par effraction dans la politique, pour devenir finalement un piètre diplomate. Auto-proclamé néoconservateur, passé successivement, mais très brièvement à chaque fois, par le secrétariat d’État américain, puis la représentation US à l’ONU, avant de devenir éphémère conseiller de Donald Trump lors de son premier mandat, John Bolton rame à contre-courant de l’administration de son pays et de la majorité mondiale dans le dossier du Sahara marocain. Les détails dans cette revue de presse tirée d’une chronique de Talal Saoud Atlassi parue dans les colonnes du quotidien Al Ahdath.

Le 21/05/2026 à 21h06

John Bolton est surtout un avocat américain. C’est à ce titre qu’il persiste à défendre son principal client, le régime algérien, dans une cause qu’il sait perdue d’avance, celle contre la marocanité du Sahara. C’est grosso modo en ces termes, dans une chronique parue dans les colonnes d’Al Ahdath datée du vendredi 22 mai, que le journaliste Talal Saoud Atlassi, entre autres non-dits de Bolton, tente d’expliquer le positionnement extrémiste et irrationnel de ce dernier sur le dossier du Sahara marocain.

Estampillé néoconservateur, John Bolton s’est lancé dans la politique en soutenant des candidats républicains controversés, comme Mitt Romney en 2012, dont il fut le conseiller diplomatique. Fondateur du Comité d’action politique (PAC), il se fit remarquer sur la scène politique, ce qui lui valut d’occuper d’abord un poste au sein du secrétariat d’État américain, avant d’être propulsé au rang de représentant US aux Nations unies. Lors du premier mandat de Donald Trump, Bolton a occupé le poste de conseiller à la sécurité nationale pendant une année et demie. Mais ce va-t-en-guerre qui ne connaît que le langage de la force militaire sera victime de son manque de tact et de sens diplomatique, ce qui explique ses brefs passages au sein des différents hauts postes de décision de l’administration américaine, où son extrémisme lui a joué de mauvais tours, en se faisant régulièrement débarquer.

C’est dans ce cadre, comme l’explique T. S. Atlassi, qu’il n’a jamais voulu regarder la réalité en face dans le dossier du Sahara marocain. Est-ce à cause du profond désaccord entre lui et Donald Trump? En tout cas, depuis que le président américain a décidé de reconnaître la marocanité du Sahara, confirmée par son successeur démocrate Joe Biden, Bolton est resté sur ses positions. Malgré le soutien des deux grands partis américains à la marocanité du Sahara, il ira même jusqu’à qualifier d’«erreur» la courageuse, sage et réaliste décision du président Trump, décision qui engage toute l’administration américaine, présente et future. Surtout que cette reconnaissance américaine a été précédée par celles de plusieurs autres pays au niveau mondial, avant d’être ouvertement adoptée par de nombreuses puissances occidentales, comme la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Allemagne…

À la décharge de Bolton, qui persiste dans son ignorance des faits, son statut d’avocat. Or un avocat, écrit Atlassi, «est payé pour défendre la cause, même perdue d’avance, de son client. Ici, le régime algérien, qui n’a jamais lésiné sur l’argent des Algériens pour le dilapider au profit des séparatistes du Polisario». C’est pourquoi, depuis 2020, Bolton n’a plus cessé d’enchaîner des déclarations rétrogrades sur le Sahara marocain.

La résolution 2797, qui a prôné le plan marocain d’autonomie comme base de solution politique au Sahara, une décision qui reflète l’actuelle dynamique géopolitique, est à elle seule un argument de poids face auquel Bolton a choisi la fuite en avant, l’entêtement et l’aveuglement. Dans une récente interview accordée à un média espagnol, Bolton a préconisé un «retour au processus de règlement du conflit du Sahara à travers un référendum d’autodétermination». Une thèse éculée que même le régime algérien est en train d’abandonner face au coup de massue qu’il a reçu suite à l’adoption, sous son nez, de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité, le 31 octobre dernier?

Par La Rédaction
Le 21/05/2026 à 21h06