Lors de la Semaine africaine, organisée du 19 au 22 mai au siège de l’UNESCO, des membres de la délégation algérienne ont une nouvelle fois fait parler d’eux, le 20 mai, et pas pour de bonnes raisons. Le lendemain, la Délégation permanente du Maroc auprès de l’organisation onusienne a publié un communiqué sans concession, dénonçant des comportements qui ne relèvent plus du simple incident isolé, mais d’une logique d’agression systématique.
Les faits sont précis. Des représentants de la société civile, venus à Paris «contribuer à la mise en valeur du patrimoine, de la culture et de l’identité marocaines», ont été pris pour cibles. La délégation marocaine est catégorique. «Aucune insulte n’a en effet été épargnée» à leur égard. En d’autres termes, ceux qui sont venus célébrer une culture ont été accueillis par des insultes. Voilà où en est la diplomatie culturelle algérienne en 2026.
Le régime algérien connaît ce dérapage par cœur, il l’a lui-même programmé. Car la Délégation marocaine est formelle. D’après le communiqué, ces agissements «se sont multipliés depuis l’inscription du caftan marocain sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, le 10 décembre 2025 à New Delhi». Traduisez: chaque victoire culturelle de Rabat déclenche à Alger une crise de nerfs diplomatique. Le caftan est reconnu par l’Unesco et c’est la panique. On insulte, on perturbe et on sabote. C’est désormais la seule politique culturelle que le régime algérien est capable de produire.
Pris en flagrant délit, Alger a sorti son réflexe habituel. L’ambassade algérienne en France s’est empressée de publier un communiqué affirmant que son stand a subi une «agression vile», ajoutant qu’elle «ne manquera pas d’entreprendre toutes les démarches nécessaires pour protéger ses ressortissants et faire en sorte que les auteurs et les commanditaires de ces agissements injustifiés et inacceptables ne restent pas impunis».
La manœuvre est cousue de fil blanc. Elle l’a toujours été. Car le communiqué de la délégation marocaine appelle les choses par leur nom et rappelle que ce type de comportement n’a rien de nouveau. Ces agissements «devenus systématiques, traduisent une véritable obsession à l’égard du Maroc, de son histoire plurielle et de son rayonnement culturel, reconnus à l’échelle internationale». Une obsession, pas une rivalité et surtout pas une concurrence. Celle d’un régime incapable d’exister culturellement par lui-même, condamné à se définir uniquement en opposition au Maroc, à le surveiller, à le harceler et à tenter de salir ce qu’il ne peut pas égaler.
La réalité s’appelle l’UNESCO. Et l’UNESCO a tranché. Le patrimoine marocain est «solidement documenté, historiquement établi et largement reconnu par les instances internationales compétentes, notamment l’UNESCO, à travers plusieurs inscriptions consacrant la richesse et l’authenticité du patrimoine marocain». Ce que des années d’expertise ont consacré, aucune manigance algérienne ne peut le défaire.
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«Les tentatives de falsification ou de récupération opportunistes ne sauraient altérer les faits historiques ni remettre en cause l’attachement profond du peuple marocain à son héritage ancestral», tranche le communiqué de la délégation marocaine. Qu’Alger prenne note.
La délégation marocaine a condamné avec la sévérité qu’ils méritent «les agissements fébriles de ceux qui cherchent à détourner des espaces dédiés au dialogue, à la coopération et au rapprochement entre les peuples pour servir des agendas politiques étroits et entretenir des polémiques stériles contraires aux valeurs de l’UNESCO». Fébriles. Le mot résume tout.
Rabat a également appelé l’UNESCO à «faire respecter les principes de l’organisation en matière d’éthique, d’intégrité culturelle, loin de toute instrumentalisation politique ou tentative de manipulation historique».
Le Maroc, lui, continuera d’œuvrer «avec ses partenaires africains et internationaux, pour promouvoir une coopération culturelle fondée sur le respect mutuel, l’authenticité et les valeurs de paix et de coexistence». Alger peut donc encore envoyer ses provocateurs à la prochaine Semaine africaine. Mais, cela ne changera rien au caftan, ni à l’histoire.



