Effondrement d’un immeuble à Fès: le bilan s’élève à 8 morts, les secours engagés dans une course contre la montre

Secours mobilisés autour de l’édifice sinistré dans le quartier Jrondi à Fès. (Y.Jaoual/Le360)

Le 21/05/2026 à 15h34

VidéoRéveillés en pleine nuit par un fracas assourdissant, les habitants du quartier Jrondi, à Fès, ont vécu des scènes de panique après l’effondrement brutal d’un immeuble résidentiel survenu ce jeudi matin. Le drame a fait au moins huit morts et plusieurs blessés, tandis que les équipes de secours poursuivent toujours leurs recherches sous les décombres dans l’espoir de retrouver d’éventuels survivants. Témoignages.

Huit personnes ont trouvé la mort et plusieurs autres ont été blessées dans l’effondrement d’un immeuble résidentiel. Le drame est survenu dans la nuit du jeudi 21 mai 2026 dans le quartier Jrondi, dans la zone de Aïn Nokbi, relevant de la circonscription de Jnan El Ouard à Fès.

Alors que les opérations de recherche se poursuivent sous les décombres, les autorités et les habitants craignent la présence d’autres victimes coincées sous les gravats.

Le drame s’est produit aux alentours de 3h30 du matin. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les habitants ont été réveillés en pleine nuit par un bruit violent provoqué par l’effondrement soudain de l’immeuble. «Nous dormions lorsque nous avons été surpris par l’effondrement de cet immeuble de quatre étages», raconte Abdelhadi Ennakabi, acteur associatif et habitant du quartier.

Plusieurs jeunes se sont mobilisés pour participer aux premières opérations de sauvetage et tenter d’extraire des personnes ensevelies sous les décombres. Très rapidement, les éléments de la protection civile, les autorités locales, les services de sécurité nationale ainsi que les forces auxiliaires se sont rendus sur les lieux afin de lancer les opérations de secours et de déblaiement.

D’importants moyens logistiques ont été mobilisés afin de déblayer les gravats et de rechercher d’éventuels survivants. À ce stade, huit décès ont été confirmés, tandis que les opérations de secours se poursuivent encore sur place, sous le regard et dans l’attente des familles des victimes.

Selon des habitants du quartier, plusieurs personnes seraient toujours portées disparues sous les décombres. «Il pourrait encore y avoir des victimes ensevelies sous les gravats», nous confie Hanane El Khattabi, une riveraine, décrivant une situation particulièrement éprouvante alors que les équipes de secours poursuivent leurs opérations de recherche. Sur place, de nombreuses familles attendent dans l’angoisse des nouvelles de leurs proches, dans un climat de vive tension et d’émotion.

Les témoignages recueillis sur place font également état d’un profond climat de peur parmi les habitants du quartier de Aïn Nokbi. Plusieurs riverains affirment craindre désormais de regagner leurs logements après ce drame. «Après avoir vu cet immeuble s’effondrer, nous avons peur de rentrer chez nous avec nos enfants», confie Hanane, estimant que de nombreux bâtiments du quartier présentent des signes avancés de fragilité et de dégradation.

Des habitants ont également rappelé que plusieurs constructions de la zone remontent aux années 1970 et 1980, une période durant laquelle de nombreux bâtiments ont été construits sans respecter les normes actuelles. Certains témoins estiment que les fortes pluies enregistrées ces derniers mois, suivies des variations de température, auraient aggravé l’état de plusieurs habitations anciennes déjà fragilisées par le temps.

Le bâtiment effondré comprenait un rez-de-chaussée ainsi que quatre étages habités par différentes familles. Des habitants ont indiqué que certaines parties de l’immeuble n’étaient pas occupées, tandis que plusieurs appartements étaient encore habités au moment de l’effondrement. Le drame a provoqué une vive émotion dans l’ensemble du quartier.

«Toutes les victimes étaient nos voisins et nos proches», confie un habitant du quartier. Plusieurs habitants ont affirmé que cette tragédie a totalement bouleversé l’ambiance des préparatifs de l’Aïd al-Adha dans le quartier, laissant place à la tristesse et à la peur.

Des acteurs associatifs et habitants de la zone ont appelé les autorités compétentes à accélérer le traitement du dossier des bâtiments menaçant ruine dans plusieurs quartiers populaires de Fès, notamment dans l’arrondissement Jnane El Ouard. Selon eux, de nombreuses habitations anciennes nécessitent des interventions urgentes afin de garantir la sécurité des habitants et éviter de nouvelles catastrophes similaires.

Les opérations de recherche se poursuivent toujours sous les décombres. Le bilan provisoire fait état de huit morts, tandis que le nombre de blessés, initialement établi à six dans la matinée, pourrait encore être revu à la hausse. Sur place, les habitants suivent avec anxiété l’évolution des opérations de secours, dans l’attente de la confirmation du bilan définitif.

Par Youssra Jaoual
Le 21/05/2026 à 15h34