Abdelouafi Laftit a vivement défendu l’orientation gouvernementale visant à instituer de nouvelles sociétés régionales chargées de la gestion et de la mise en œuvre des projets de développement. Selon le ministre de l’Intérieur, ces structures se révéleront plus efficaces et plus souples que les Agences régionales d’exécution des projets (AREP), créées par la loi organique relative aux régions en 2015.
S’exprimant hier, mercredi 20 mai, lors des débats sur ce texte à la chambre des conseillers, Laftit a affirmé que les AREP n’avaient pas produit les résultats attendus, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 22 mai. La création de sociétés régionales anonymes vise, a-t-il expliqué, à faciliter l’action publique et à garantir rapidité et efficacité dans la conduite des projets régionaux et des programmes de développement intégré. Le ministre a toutefois soulevé la question épineuse de la «rareté des compétences» pour diriger ces nouvelles entités. Il a révélé que son département cherche, depuis deux ans, à recruter douze directeurs, et s’est dit «prêt à accompagner toute candidature proposée par les présidents de régions» .
Des concours ont été organisés dans plusieurs spécialités, mais le nombre de candidats reste faible, de même que la diversité des profils. Les petites communes, a-t-il ajouté, «peinent à trouver des compétences pointues, malgré des postes vacants», car, selon le ministre, «la rareté est une question de qualité, non d’effectifs». Abdelouafi Laftit a également indiqué que ces sociétés, à capitaux à 100% publics, n’ont pas pour objectif de réaliser des profits, à entrer en Bourse ni à s’ouvrir au capital privé. Dès lors, leur assujettissement aux impôts, hormis la TVA, n’aurait, selon lui, «aucune justification».
Le président du conseil régional présidera donc le conseil d’administration et sera le «dirigeant de fait» de la société, afin d’en garantir l’efficacité. En revanche, l’assemblée régionale dans son ensemble ne doit pas administrer directement la société, pour éviter de lui transférer les conflits et difficultés internes propres aux exécutifs régionaux, écrit Al Ahdath Al Maghribia.
Enfin, distinguant ces nouvelles structures des anciennes AREP, Abdelouafi Laftit a insisté sur un changement fondamental: la transformation du principe du contrôle, a priori, exercé par le Trésorier général du ministère des Finances. C’est cette évolution qui explique, a-t-il conclu, le choix du modèle de société anonyme, qui permettra de «faciliter la mission».



