Lors des débats généraux, les députés ont exprimé leur vigilance quant à une possible réduction des prérogatives des présidents de région, craignant que ces derniers ne soient progressivement écartés de la gestion des affaires publiques locales. Ils estiment que toute évolution législative doit demeurer fidèle aux fondements mêmes de la régionalisation avancée, laquelle repose sur le renforcement de la démocratie de proximité. «À leurs yeux, confier l’exécution des projets à des sociétés anonymes dirigées par des directeurs généraux nommés par l’autorité préfectorale risque de cantonner les assemblées élues à de simples fonctions de discussion et d’approbation», rapporte Al Akhbar de ce jeudi 30 avril.
Les élus mettent également en garde contre l’affaiblissement du principe de corrélation entre responsabilité et reddition des comptes, ainsi que contre l’opacité qui pourrait naître d’un partage flou des rôles entre les différents acteurs territoriaux. Les députés de l’opposition ont particulièrement insisté sur la nécessité de réhabiliter la dimension politique et développementale du mandat local, en accordant aux élus des prérogatives réelles en matière de suivi, de contrôle et d’initiative, au-delà de la seule phase décisionnelle.
Prenant la parole, le ministre de l’Intérieur a tenu à rassurer les assemblées. «L’amendement de la loi organique relative aux régions ne vise nullement à restreindre les prérogatives des élus, mais à corriger certains dysfonctionnements observés durant la dernière décennie», souligne le ministre. Il a souligné que la région demeure la colonne vertébrale du développement national, tout en rappelant que l’exercice de ses compétences requiert pragmatisme et coordination rigoureuse, à l’abri de toute improvisation.
«Selon lui, le projet a été élaboré en pleine concertation avec les présidents des régions. Il a fermement démenti toute intention de réduire les attributions des élus ou de porter atteinte au principe de la libre gestion des régions», relaie Al Akhbar. Il a néanmoins reconnu qu’une liberté absolue en la matière pourrait engendrer des initiatives pour le moins contestables, à l’image d’un président de région ayant proposé la création d’une police aérienne, ou d’un autre ayant milité pour la généralisation des bourses universitaires à l’ensemble des étudiants de sa région.




