Loi organique sur les régions: ajustements attendus sur la répartition des compétences

Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur.

Revue de presseLors d’une séance tenue ce mardi à la Chambre des représentants, l’examen du projet de loi organique n°031.26 relatif aux régions a donné lieu à un débat de fond, visant à opérer le passage d’une «régionalisation de gestion» à une «régionalisation d’investissement». Au cœur des discussions: l’architecture des compétences propres des régions et la correction des contraintes révélées par la pratique, dans le but de bâtir un processus équilibré et graduel vers une décentralisation renforcée. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 06/05/2026 à 17h59

La révision du projet de loi organique n°031.26, consacré aux régions, a fait l’objet mardi, à la Chambre des représentants, d’un examen minutieux visant à substituer à la logique de «régionalisation gestionnaire» une ambition assumée de «régionalisation d’investissement». Les échanges se sont articulés autour de l’architecture des prérogatives propres aux régions et de la correction des difficultés pratiques rencontrées sur le terrain.

Réunis en commission de l’intérieur, en présence du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, les députés ont concentré leurs interventions sur la révision de la structure des compétences régionales, relaie Al Akhbar de ce jeudi 7 mai. L’enjeu consistait à redéfinir le partage entre attributions propres et compétences partagées avec l’État, à la lumière des obstacles apparus dans l’exécution. Plusieurs élus ont interrogé la capacité des amendements proposés à surmonter les contraintes observées, dont l’intensité varie sensiblement d’une région à l’autre, notamment s’agissant des relations avec les administrations centrales et les autres collectivités territoriales.

Ils ont souligné que la réussite de ce chantier demeurait subordonnée au renforcement de l’autonomie régionale et à l’octroi des moyens nécessaires, seuls garants d’une transition harmonieuse vers une décentralisation équilibrée. Dans cet esprit, Abdallah Ghazi, du groupe parlementaire du RNI, a estimé que la création et la gestion de groupements régionaux destinés à la commercialisation des produits agricoles, alimentaires et artisanaux constituaient une véritable «création de service public». Il a plaidé pour que cette «compétence soit exercée dans la perspective d’un service régional pleinement autonome».

De son côté, Ahmed Touizi, président du groupe parlementaire du PAM, a relevé que ces amendements s’inscrivaient dans une logique de clarification et de vérification des périmètres de compétence, orientation susceptible de renforcer l’action des conseils régionaux et d’accroître leur capacité de gestion. Le député socialiste Mohamed Mellal a quant à lui estimé que «le problème ne résidait pas dans la nature des compétences, mais dans la faible convergence entre les conseils régionaux et les départements ministériels», relaie Al Akhbar.

Enfin, le président du groupe parlementaire du PJD a souligné que «la philosophie du nouveau texte de loi reposait sur la mise en œuvre d’une nouvelle génération de programmes territoriaux intégrés», tout en appelant à une meilleure définition des compétences pour garantir la cohérence et l’efficacité de ces programmes.

Par Hassan Benadad
Le 06/05/2026 à 17h59