Le juge d’instruction près la cour d’appel de Settat a ordonné, le mercredi 30 septembre, le placement en détention préventive de l’ancien chef du commissariat régional de police d’Oued Zem. «Cette décision judiciaire fait suite à une requête formelle du procureur général du Roi. Elle intervient au terme d’une minutieuse enquête préliminaire menée pendant un an par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) de Casablanca», rapporte Assabah dans son édition du vendredi 2 octobre.
L’affaire a éclaté à la suite d’une plainte déposée par un entrepreneur auprès du procureur général du Roi à Khouribga. Le chef d’entreprise affirme avoir été pris au piège d’une mise en scène savamment orchestrée par le haut responsable de la sécurité. Ce dernier l’aurait convaincu que la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) recherchait activement un bâtiment moderne pour y établir le siège d’un nouvel arrondissement de police et que le projet incluait l’ameublement des bureaux et la fourniture d’équipements de pointe.
En contrepartie d’un versement de 400 000 dirhams, le commissaire avait promis à sa victime de lui octroyer l’exclusivité de ce juteux marché public d’aménagement. Après avoir déposé son dossier et constaté que les délais convenus avaient été dépassés, l’entrepreneur a fini par découvrir la supercherie : le projet en question n’avait jamais été à l’ordre du jour des autorités.
Anticipant les conclusions définitives de la justice, la DGSN a immédiatement réagi en relevant le commissaire de ses fonctions. Cette suspension conservatoire s’inscrit dans le cadre de l’application rigoureuse du code de déontologie des fonctionnaires de la sûreté nationale. Parallèlement, sur proposition de la préfecture de police de Béni Mellal et sous le parrainage du chef de district de Khouribga, un nouveau commissaire a été nommé à la tête de la police d’Oued Zem pour assurer la continuité du service sécuritaire.
«De son côté, le commissaire incriminé rejette en bloc les accusations d’escroquerie portées contre lui», écrit Assabah. Selon un observateur proche du dossier, le fonctionnaire de police soutient qu’il avait simplement informé le plaignant des intentions de la DGSN d’implanter un nouvel arrondissement dans le quartier Massira, sans toutefois préciser la nature des approvisionnements. Ce même observateur fait par ailleurs part de sa surprise face au dépôt de la plainte, rappelant que l’entrepreneur fréquentait régulièrement le bureau du commissaire après avoir eu vent de ce projet de marché public.




