La gestion des accréditations des candidats aux prochaines échéances législatives a provoqué un séisme dans le paysage partisan et politique. En effet, l’accréditation, qui devrait être une simple formalité partisane interne permettant aux militants de représenter leur parti politique, est devenue un précieux sésame, délivré selon des critères arbitraires, définis au cas par cas par le seul chef du parti, en fonction des circonscriptions électorales.
C’est ainsi que les choses ont pris des tournures anecdotiques dans certains cas, rapporte le quotidien Al Akhbar dans son édition du week-end des 29 et 30 août.
Dans la province de Taza, les autorités compétentes ont découvert, à leur grande surprise, que le Front des forces démocratiques (FFD) a accrédité deux candidats dans la même circonscription électorale pour le représenter.
«L’une a été signée par Mustapha Benali, en sa qualité de secrétaire général élu lors du dernier congrès du parti, et l’autre supervisée par Mustapha Lemfrek, qui revendique la légitimité de la direction du FFD suite à la dernière décision de la justice, qui a tranché en sa faveur», explique le quotidien. Il s’agit d’une première qui sera gérée par les services compétents du ministère de l’Intérieur.
Les sources du quotidien s’arrêtent également sur le cas du secrétaire général de l’Union constitutionnelle (UC), Mohamed Joudar, qui a accordé l’accréditation du «Cheval» à Abdellatif Naciri pour conduire la liste du parti dans la circonscription électorale d’Ain Chock à Casablanca.
Ce qui est intriguant dans ce cas, poursuit le quotidien, est que «Mohamed Joudar était témoin dans l’affaire relative à la tentative de manipulation du résultat d’un match de football par Abdellatif Naciri, en tant que président du club Association Jeunesse Sportive (AJS)».
Les processus de désignation des mandataires des listes régionales réservées aux femmes auraient également été entachés, dans plusieurs cas, de pratiques de népotisme, de clientélisme, de corruption, voire de marchandisation. Dans ce sillage, les sources du quotidien indiquent que le processus suivi par l’Union socialiste des forces populaires (USFP) pour désigner ses mandataires régionales a suscité de vives polémiques.
Dans une correspondance adressée au premier secrétaire de l’USFP, Driss Lechgar, l’avocate et militante de la «Rose», Meriem Jamal Idrissi, aurait évoqué que des candidates auraient proposé des contributions financières allant de 1.4 à 1.6 million de dirhams pour être sélectionnées. L’avocate, qui a démissionné des rangs de l’USFP le 23 août, a fortement dénoncé ces pratiques.
Elles portent préjudice à l’action partisane et sapent les fondements de la démocratie interne. «Les accréditations devraient être accordées sur les bases du mérite et du parcours militant pour que les partis politiques se réapproprient leur rôle d’institutions d’encadrement et de sensibilisation des citoyens, et ne se transforment pas en canaux et en ponts pour atteindre la rente électorale», résume le quotidien.



