Ces ministres qui se présentent aux Législatives 2026… et ceux qui abandonnent

Au centre, Fouzi Lekjaa. A gauche, des ministres qui ne se présentent pas (Amine Tahraoui, Leila Benali, Younes Sekkouri et Nadia Fettah). A droite, des ministres candidats (Mehdi Bensaïd, Nizar Baraka, Fatima Zahra Mansouri et Karim Zidane).

Au centre, Fouzi Lekjaa. À gauche, des ministres qui ne se présentent pas (Amine Tahraoui, Leila Benali, Younes Sekkouri et Nadia Fettah). À droite, des ministres candidats (Mehdi Bensaïd, Nizar Baraka, Fatima Zahra Mansouri et Karim Zidane).

Alors que le mandat du gouvernement touche à sa fin, l’heure du bilan s’accompagne de la préparation au plus grand rendez-vous électoral du pays: les Législatives du 23 septembre prochain. L’exécutif sortant se présente en ordre dispersé: sur 31 ministres et secrétaires d’État, seuls 15 ont choisi de s’exposer au suffrage universel. Pari électoral du PAM guidé par la candidature médiatique de Fouzi Lekjaa, repositionnement de l’Istiqlal, retrait remarqué du chef du gouvernement et ses fidèles et réserve des ministres technocrates et de souveraineté, voici la cartographie des candidatures des ministres d’Akhannouch.

Le 27/08/2026 à 14h16

À l’approche des élections législatives de 2026, l’échiquier politique marocain s’anime d’une dynamique singulière. Alors que le mandat de la majorité sortante touche à sa fin, le comportement électoral des membres de l’exécutif dessine une cartographie révélatrice des forces en présence, des ambitions individuelles et des arbitrages partisans.

Sur les 31 membres de l’exécutif, seuls 15 ont choisi d’affronter l’épreuve des urnes. Dans le détail, la ligne de séparation est nette: 8 ministres sur 19, 3 ministres délégués sur 5 et 4 secrétaires d’État sur 6 sollicitent le suffrage populaire.

Cette représentativité tronquée de l’exécutif devant les électeurs témoigne d’un paysage politique où le courage électoral côtoie la démission de certains, la prudence technocratique d’autres et des choix de retrait stratégique. Le Parti authenticité et modernité (PAM) s’impose comme le véritable fer de lance engagé dans ce scrutin, alignant 6 candidats issus de ses rangs ministériels actuels. La formation des «tractoristes» ne se contente pas de défendre son bilan: elle réalise une prise politique de premier ordre en intégrant Fouzi Lekjaa, figure tutélaire de la gestion budgétaire et emblème des succès du football national, sous sa bannière. Cependant, cette stratégie de conquête s’accompagne d’arbitrages internes sévères, marqués par le désistement et le retrait de figures de poids du PAM.

Les ministres candidats: cartographie des 15 figures à l’épreuve des urnes

Parti authenticité et modernité (PAM): 6 Candidats

Fouzi Lekjaa

Portefeuille: ministre chargé du Budget

Circonscription: Berkane

Haut fonctionnaire de carrière, président emblématique de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et maître d’œuvre de l’organisation de la Coupe du Monde 2030, Fouzi Lekjaa a longtemps incarné la figure absolue du technocrate sans appartenance affichée. Son adhésion officielle au PAM à l’été 2026 et son parachutage, a priori, dans son fief natal de Berkane constituent l’événement politique majeur de la pré-campagne. En s’ancrant dans l’Oriental, celui que l’on présente comme le garant de la rigueur budgétaire tente d’allier sa popularité sportive à une légitimité électorale directrice, se positionnant implicitement comme un prétendant de premier ordre pour la primature si le PAM venait à l’emporter. Sa double casquette, au croisement exact des finances de l’État et du sport-roi, en fait une cible privilégiée. En tant que maître des arbitrages budgétaires, il a affronté le feu des critiques syndicales et de l’opposition au sujet du renchérissement du coût de la vie, de la déconstruction de la Caisse de compensation et du traitement de la TVA sur les produits de première nécessité. Il est la star incontestée du PAM et une figure qui s’accapare les feux des projecteurs.

Abdellatif Ouahbi

Portefeuille: ministre de la Justice

Circonscription: Taroudant Nord

Avocat de profession et ancien secrétaire général du PAM, Abdellatif Ouahbi retourne vers son bastion historique de Taroudant Nord. Déjà élu député de cette circonscription à plusieurs reprises et ancien président du Conseil communal de Taroudant, il cherche à consolider son ancrage territorial alors même qu’il s’est imposé comme l’une des figures les plus clivantes de la scène nationale, tant par sa diplomatie offensive que par ses chantiers législatifs controversés.

Marqué par un verbe haut et une propension aux déclarations polémiques (à l’image de l’épisode médiatique du «diplôme de mon fils au Canada»), son mandat a été secoué par des accusations d’érosion fiscale relatives à la donation d’un bien immobilier à son épouse à une valeur fortement sous-évaluée. Face aux appels à la démission émis par l’opposition, il s’est défendu en faisant valoir le caractère privé de la transaction. En parallèle, ses projets de réformes (Code de procédure pénale, loi sur l’enrichissement illicite, réforme de la profession d’avocat) entretiennent un bras de fer permanent avec ses opposants.

Fatima Ezzahra Mansouri

Portefeuille: ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville

Circonscription: Sidi Youssef Benali (Marrakech)

Figure centrale du paysage politique et présidente de la direction collégiale du PAM, l’avocate marrakchie retourne une fois de plus devant les électeurs de sa circonscription fétiche de Sidi Youssef Benali. Également maire de Marrakech, elle s’appuie sur une assise locale forte pour contrer l’ombre médiatique projetée par Fouzi Lekjaa et réaffirmer son leadership politique personnel. À l’été 2025, elle a fait l’objet d’une campagne de fuites numériques attribuées au groupe cyber-activiste Jabaroot, l’accusant de conflits d’intérêts dans des opérations foncières familiales à Marrakech. La ministre, elle, affirme que les terrains concernés se situaient en dehors du périmètre communal qu’elle administre (à Tassoultante) et relevaient de documents d’urbanisme arrêtés antérieurement à ses mandats, tout en engageant des actions judiciaires pour diffamation et falsification.

Azzedine El Midaoui

Portefeuille: ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation

Circonscription: Rhamna

Ancien président de l’Université Ibn Tofaïl de Kénitra et universitaire chevronné, Azzedine El Midaoui a fait son entrée au gouvernement sous l’étiquette du PAM. Pour sa première confrontation directe avec le suffrage universel, le parti l’a déployé dans la province des Rhamna, terre d’ancrage historique du PAM, dans le but d’y convertir un profil de technocrate académique en vecteur de rassemblement électoral. Sa prise de fonction s’est déroulée dans un climat d’intense polarisation, marquée par des règlements de comptes au sujet d’audits sur la gestion financière et les contrats engagés par son prédécesseur. Son mandat a en outre été percuté par d’importants dysfonctionnements d’éthique au sein de plusieurs facultés (notamment des affaires de fraude à la délivrance de diplômes), ainsi que par le mécontentement croissant des enseignants-chercheurs et le blocage prolongé de la gestion des cursus d’études médicales et de santé.

Mohamed Mehdi Bensaid

Portefeuille: ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication

Circonscription: Rabat-Océan

Représentant la garde montante de l’appareil du PAM, Mohamed Mehdi Bensaid remet en jeu son mandat dans la circonscription de Rabat-Océan, qualifiée de «cercle de la mort» au vu de la férocité de la compétition qui s’y joue. Ancien président de la Commission des affaires étrangères au Parlement, il fait figure de poids lourd politique capable d’assumer des arbitrages nationaux tout en soutenant un ancrage urbain exigeant. En début d’année 2026, il a dû faire face à des tentatives de déstabilisation visant à l’associer au dossier dit de l’«Escobar du Sahara», affaire dans laquelle il a démenti tout lien avant d’engager des poursuites judiciaires. Rompu à la politique et aux électeurs depuis son plus jeune âge, on lui prête de grandes ambitions.

Adib Benbrahim

Portefeuille: Secrétaire d’État chargé de l’Habitat

Circonscription: Rabat-Chellah

Expert-comptable et ancien associé dirigeant de cabinet d’audit (Crowe Global), Adib Benbrahim a rejoint le gouvernement lors du remaniement d’octobre 2024. Élu de la circonscription de Rabat-Chellah et vice-président du Conseil de la ville de Rabat, il fait valoir sa double expertise de praticien des finances privées et d’élu local. Sa désignation au gouvernement a exigé une rupture précipitée de ses liens avec le secteur privé pour pallier tout risque de conflit d’intérêts en raison des contrats publics détenus par sa structure d’origine. Au niveau exécutif, il essuie régulièrement le feu des critiques parlementaires quant à la lenteur du traitement du dossier des constructions menaçant ruine dans les anciennes médinas, ravivé par plusieurs effondrements, et sur l’accès réel aux programmes d’aide directe au logement.

Hicham Sabiry

Portefeuille: secrétaire d’État chargé de l’Emploi

Circonscription: Beni Mellal

Notaire de profession et ancien président de l’Ordre national des notaires, Hicham Sabiry a pris ses fonctions exécutives à l’automne 2024. Fort d’une implantation électorale solide dans la région de Tadla-Azilal, il se représente dans la circonscription stratégique de Beni Mellal, où il cumule plusieurs mandats de député sous les couleurs du PAM. Son action au sein du gouvernement a été entravée par des arbitrages budgétaires et des guerres de périmètre récurrentes avec son ministre de tutelle. Il s’est par ailleurs trouvé au centre de vifs débats après avoir révélé la présence de près de six millions de salariés non déclarés à la CNSS, une prise de position ayant suscité de fortes réactions patronales, tandis que les syndicats dénoncent la lenteur de la révision du Code du travail et la précarité opérationnelle des inspecteurs du travail.

Parti de l’Istiqlal (PI): 4 Candidats

Nizar Baraka

Portefeuille: Ministre de l’Équipement et de l’Eau

Circonscription: Larache

Secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, économiste et héritier d’une grande lignée politique (petit-fils d’Allal El Fassi), Nizar Baraka a fait le choix de maintenir son ancrage territorial dans la province de Larache. C’est dans ce berceau familial historique qu’il avait remporté son siège de député en 2021 et qu’il sollicitera la reconduite de son mandat. Directement exposé à la gestion du stress hydrique qui frappe le pays, Nizar Baraka subit des attaques acerbes de l’opposition quant au calendrier de livraison des grandes infrastructures, notamment de dessalement, de la gestion des transferts d’eau et des arbitrages d’irrigation agricole. Parallèlement, sa conduite du parti a été fragilisée par des remous internes et des luttes factionnelles lors de la préparation du 18ème Congrès de l’Istiqlal, rendant complexe la conciliation entre ses charges gouvernementales et sa présence sur le terrain.

Ryad Mezzour

Portefeuille: ministre de l’Industrie et du Commerce

Circonscription: Benslimane

Ingénieur diplômé de l’École Polytechnique de Zurich et membre du Bureau exécutif de l’Istiqlal, Ryad Mezzour aborde l’échéance électorale en portant les couleurs du parti dans la province industrielle et agricole de Benslimane. Ancien directeur de cabinet dans ce même département, il cherche à transformer sa maîtrise des dossiers industriels en capital électoral territorial. Reconnu pour sa liberté de ton, il a récemment provoqué une vive polémique à la suite de déclarations publiques perçues comme offensantes envers les Marocains résidant à l’étranger (MRE) et les cadres expatriés, les invitant à «ne pas attendre d’applaudissements» pour venir investir dans leur pays d’origine. Des propos qui ont imposé une mise au point et des excuses formelles. Sur le plan économique, il essuie une contestation quant au rythme des créations d’emplois ainsi que les griefs syndicaux relatifs à la pression inflationniste sur le panier de la ménagère.

Abdessamad Kayouh

Portefeuille: ministre du Transport et de la Logistique

Circonscription: Taroudant Nord

Figure prédominante du Souss, fils du défunt notable Haj Ali Kayouh, Abdessamad Kayouh a fait son retour au gouvernement lors du remaniement d’octobre 2024. Il réactive l’appareil électoral familial dans la circonscription de Taroudant Nord, où il disputera la primauté territoriale face à d’autres ténors nationaux, notamment le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi. Son installation au ministère des Transports s’est faite dans un contexte de tensions sociales aigües marquées par des préavis de grève syndicale, les retards de restructuration de la sécurité aérienne et le déficit structurel des transports urbains. En outre, sa stature de notable régional l’expose régulièrement aux critiques de ses opposants, qui dénoncent des logiques de mainmise sur les instances professionnelles et les sièges électoraux de la région du Souss.

Omar Hejira

Portefeuille: Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur

Circonscription: Oujda

Docteur en pharmacie et cadre historique du Parti de l’Istiqlal dans l’Oriental, Omar Hejira concentre sa campagne sur la ville d’Oujda, dont il a été le maire entre 2009 et 2021 et qu’il représente à la Chambre des représentants depuis plus de deux décennies. Son parcours politique a été longuement marqué par un feuilleton judiciaire autour de sa gestion municipale à Oujda, suite à des rapports de la Cour des comptes. Après une série d’acquittements, une condamnation en appel en 2019 puis l’annulation de la procédure par la Cour de cassation, l’affaire s’est soldée par un acquittement définitif. Son accession à l’exécutif à l’automne 2024 a ravivé ces épisodes alors qu’il doit simultanément gérer les dossiers complexes du solde commercial et des tensions avec les associations d’import-exportateurs.

Rassemblement national des indépendants (RNI): 4 Candidats

Ahmed Bouari

Portefeuille: ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts

Circonscription: Ouazzane

Ingénieur du génie rural et pur produit de l’administration agricole, dont il a dirigé le pôle de l’irrigation, Ahmed El Bouari a succédé à Mohammed Sadiki en octobre 2024. Il est mandaté par le RNI pour mener le combat électoral dans la province rurale de Ouazzane. Propulsé à la tête d’un département clé en pleine période de sécheresse, il affronte le mécontentement populaire lié à la hausse des prix des viandes rouges et des produits alimentaires. Son mandat est marqué par des débats tendus au Parlement sur l’efficacité des subventions à l’importation de bétail.

Karim Zidane

Portefeuille: ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques

Circonscription: Youssoufia

Karim Zidane, ministre délégué à l’Investissement

Ingénieur ayant accompli un parcours industriel en Allemagne, Karim Zidane incarne l’ouverture du RNI aux compétences de la diaspora. Il est dépêché par l’appareil du parti dans la province minière de Youssoufia afin d’y renforcer l’implantation électorale du parti. Son passage du secteur privé international aux contraintes administratives locales s’est accompagné de vifs échanges au Parlement, où des députés l’ont accusé d’inertie dans la validation de projets d’investissement régionaux. Son département a également été au cœur d’une controverse sur l’octroi de subventions de la nouvelle Charte de l’investissement à des cliniques privées, le contraignant à geler temporairement les dossiers litigieux pour redéfinir les critères d’éligibilité en concertation avec le ministère de la Santé.

Mustapha Baïtas

Portefeuille: ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement

Circonscription: Sidi Ifni

Il est sans doute le ministre le plus mal aimé de l’exécutif et le porte-parole du gouvernement le plus honni de l’histoire du Maroc. Avocat et lieutenant du RNI, Mustapha Baïtas remet son mandat en jeu dans son fief historique de Sidi Ifni. C’est dans cette province qu’il a bâti sa légitimité partisane et d’où il tire son ancrage au sein des instances de l’exécutif. En qualité de porte-parole, il est l’un des ministres les plus exposés aux tirs croisés de l’opposition et des médias, particulièrement sur la communication relative au coût de la vie. À l’échelle locale, ses opposants lui reprochent un suivi insuffisant des chantiers d’infrastructures à Sidi Ifni et l’utilisation de sa position institutionnelle à des fins de promotion personnelle.

Lahcen Saadi

Portefeuille: secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire

Circonscription: Taroudant Nord

Président de la Fédération nationale de la jeunesse du RNI, Lahcen Saadi s’est imposé comme l’un des cadres montants de la majorité. Entré au gouvernement en octobre 2024, il se présente dans la vaste circonscription rurale de Taroudant Nord, où il avait obtenu un score important en 2021. Connu pour sa combativité verbale et ses attaques directes contre l’opposition, visant fréquemment les dirigeants du PJD, il fait l’objet de critiques récurrentes qui le dépeignent en relais de propagande partisane. Dans l’exercice de son portefeuille, il fait face aux griefs des acteurs de l’artisanat qui dénoncent un fossé entre les campagnes de communication et la réalité économique sur le terrain, ainsi que des retards dans le déploiement des aides à la reconstruction post-séisme dans le Haut-Atlas.

Les absents du scrutin

Au-delà de la liste des candidats, le paysage des 16 non-candidats révèle des inflexions majeures de la coalition.

Événement marquant de la séquence politique: le chef du gouvernement sortant ne sollicitera pas de nouveau mandat électoral. Ce choix s’inscrit dans la continuité de sa décision, annoncée le 11 janvier 2026, de renoncer à la présidence du Rassemblement national des indépendants. Lors du congrès extraordinaire du parti en février 2026, il a transmis le témoin à son protégé, Mohamed Chouki.

Au-delà du départ de son ancien président, le RNI fait face à une diminution significative de ses ministres inscrits sur les listes électorales. En effet, seuls quatre des dix membres représentant le parti au sein du gouvernement actuel ont choisi de se présenter.

Parmi les absences les plus remarquables, on note celle de Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances au profil technocratique affirmé, ainsi que celle de Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire. Mohamed Saad Berrada, ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, renonce également à sa candidature. Ce mouvement de retrait touche aussi Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale, et Zakia Driouich, secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime.

Ammor comme Berrada et Tahraoui partagent une proximité structurelle avec le chef du gouvernement sortant et quittent la scène électorale dans un contexte d’intenses débats sur leurs bilans sectoriels respectifs.

Le désistement des cadres du PAM

Même si le Parti authenticité et modernité (PAM) mène l’offensive en alignant six candidats, il a tout de même orchestré le retrait de plusieurs de ses figures ministérielles de premier plan. Ainsi, Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, ne figurera pas sur les listes électorales. Il en va de même pour Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, ainsi que pour Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme administrative, qui s’écartent également de cette échéance.

Du côté du Parti de l’Istiqlal, deux figures du pôle social manquent également à l’appel pour ces élections législatives. En effet, Naima Ben Yahia, ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, n’est pas candidate à ce scrutin. De son côté, Abdeljebbar Rachidi, secrétaire d’État chargé de l’Insertion sociale, renonce lui aussi à se présenter sur les listes électorales.

La réserve neutraliste des ministères de souveraineté

Conformément à la tradition institutionnelle du Royaume, les titulaires des départements de souveraineté, qui ne sont affiliés à aucune formation politique, restent à l’écart du jeu électoral.

C’est ainsi qu’Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur en charge de la supervision et de l’organisation du scrutin, ne se présente pas aux élections. Il en va de même pour Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, ainsi que pour Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques. Ce retrait s’applique également à Mohamed El Hajjoui, secrétaire général du Gouvernement, et à Abdellatif Loudiyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, qui demeurent en dehors des listes de candidats.

Ce retrait des profils technocratiques et de souveraineté préserve la neutralité des fonctions régaliennes de l’État durant la compétition électorale, tout en marquant une claire frontière entre la gestion des affaires de l’État à long terme et le verdict des urnes.

Par Tarik Qattab
Le 27/08/2026 à 14h16