Législatives 2026: Marouane Chbaatou quitte le RNI et rejoint le PAM

Marouane Chbaatou.

Membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI), Marouane Chbaatou a annoncé son ralliement au Parti authenticité et modernité (PAM). Le député sortant de Midelt justifie son départ notamment par le peu d’intérêt, selon lui, accordé par son ancien parti à sa province.

Le 25/08/2026 à 19h21

Marouane Chbaatou, membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI), vient d’annoncer son ralliement au Parti authenticité et modernité (PAM), invoquant, parmi les raisons de son départ, le peu d’intérêt accordé, selon lui, par le parti à sa région de Midelt.

Dans une déclaration à l’opinion publique, le député sortant de Midelt a indiqué qu’après des années de militantisme au sein du RNI, il avait décidé de mettre un terme à «cette expérience et de poursuivre mon parcours politique au sein du PAM».

Âgé de 42 ans, Marouane Chbaatou, lauréat de l’École supérieure de commerce de Paris, est le fils de Saïd Chbaatou, ex-ministre de la Pêche maritime et actuel coordinateur du RNI pour la région de Midelt-Ouarzazate.

Le parlementaire a expliqué que cette «décision n’a pas été facile», compte tenu des nombreuses années passées au sein du RNI. Elle ne résulte, selon lui, «ni d’un différend personnel ni d’un coup de colère».

Cependant, a-t-il ajouté, «les choses ne se mesurent pas toujours à un seul événement. Il existe des accumulations et des situations qui peuvent paraître anodines en surface, mais qui, lorsqu’elles se répètent, laissent des traces indélébiles, en particulier lorsqu’elles touchent à la capacité de l’élu à défendre la province qu’il représente et à honorer ses engagements envers les citoyens».

Marouane Chbaatou reproche notamment le silence observé par le secrétaire d’État chargé de l’Artisanat face aux doléances du secteur dans la province de Midelt.

Il a également regretté avoir eu, ces derniers temps, «le sentiment à plusieurs reprises que la province de Midelt ne recevait pas l’attention qu’elle mérite au sein du parti, et que les efforts déployés par les élus et les militants sur le terrain ne trouvent pas toujours le même écho au niveau central».

Pour lui, la récente réunion partisane organisée à Midelt a été l’un des moments qui ont renforcé ce «sentiment». Il a notamment déploré l’absence de ministres du RNI lors de cette rencontre, alors «qu’un grand nombre de ministres et de dirigeants s’étaient rendus dans une autre province pour y passer davantage de temps».

Il considère que cet épisode a été la goutte qui a fait déborder le vase, les intérêts des artisans de la région ayant, selon lui, occupé une place importante dans son mandat.

«J’entame cette nouvelle étape sans renier le passé et sans nourrir d’hostilité, mais avec le désir sincère de redonner à l’action politique son véritable sens: être proche des habitants de ma province, présent face à leurs problématiques et capable de plaider leurs revendications et de défendre leurs intérêts», a-t-il affirmé.

Anticipant ce nouveau départ d’un haut cadre, le RNI avait affiché, dans un communiqué, son exaspération face aux pratiques qu’il attribue au PAM en matière de ralliement de ses militants. Le parti de la Colombe a dénoncé des tentatives de déstabilisation de ses rangs à l’approche des prochaines élections législatives.

Avec le départ de Marouane Chbaatou, le RNI enregistre une nouvelle défection au profit du PAM, dans un climat déjà tendu entre les deux formations de la majorité. À quelques semaines des législatives, les transferts d’élus prennent désormais la forme d’un bras de fer ouvert, où chaque ralliement vaut message politique.

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 25/08/2026 à 19h21