Le député du Parti Authenticité et Modernité (PAM), Hicham El Mhajri, n’a pas ménagé le gouvernement de Aziz Akhannouch (RNI), dont son parti est pourtant membre aux côtés de l’Istiqlal au sein de la majorité. Une initiative parlementaire serait en préparation afin d’interpeller l’Exécutif sur son incapacité à maîtriser l’inflation et à lutter contre les phénomènes de spéculation et d’intermédiation qui pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages.
«Nous, députés du PAM, sommes disposés à signer la pétition que l’opposition tente de réunir afin de demander la constitution d’une commission d’enquête parlementaire à la Chambre des représentants sur les dysfonctionnements ayant marqué l’Aïd al-Adha, notamment la rareté du cheptel et la flambée des prix des ovins», a déclaré Hicham El Mhajri, député PAM de la circonscription de Chichaoua, jeudi soir, lors de son passage dans l’émission Lil Hadith Baqiya diffusée sur la SNRT.
L’élu a toutefois précisé que cette position pourrait évoluer si les instances dirigeantes du parti en décidaient autrement. «À ce stade, les députés du PAM sont favorables à la signature de cette pétition visant la création d’une commission d’enquête», a-t-il insisté.
Lire aussi : PAM: Hicham El Mhajri réintègre le bureau politique mais n’abandonne pas son droit à la liberté d’expression
Hicham El Mhajri a également appelé à une action publique plus volontariste pour encadrer les circuits de commercialisation et réduire le poids des intermédiaires. «Il faut mettre fin aux pratiques de la fraqchia en mettant en place une politique adaptée», a-t-il affirmé, dénonçant la persistance de la cherté de la vie malgré les mesures engagées par le gouvernement.
«Ce gouvernement a échoué à contenir les pressions inflationnistes. Je crains qu’à l’avenir les produits agricoles, dont une part importante est destinée à l’exportation, ne connaissent de nouvelles hausses de prix», a déclaré l’ancien président de la Commission de l’intérieur, des collectivités territoriales, de l’habitat et de la politique de la ville à la Chambre des représentants.
Interrogé sur une éventuelle adhésion de Faouzi Lekjaa au PAM à l’approche des élections législatives de 2026, Hicham El Mhajri a indiqué ne disposer d’aucune information à ce sujet, alors même que Fatima-Zahra Mansouri, coordinatrice nationale du PAM et membre de la direction collégiale du parti, a récemment laissé entendre qu’une telle hypothèse pouvait être envisagée.
Lire aussi : Parlement: fraqchia et mouton de l’Aïd font interrompre la séance des questions orales
«Pourquoi la transhumance politique et le ralliement de cadres à d’autres formations seraient-ils acceptés pour certains partis et pas pour le PAM?», s’est interrogé ce dirigeant, considéré comme l’une des figures montantes de sa formation politique.
Pour rappel, Hicham El Mhajri s’était illustré en 2022 par de vives critiques adressées au chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, lors des débats relatifs au projet de loi de finances 2023.
L’ancien secrétaire général du PAM, Abdellatif Ouahbi, avait alors décidé de le suspendre en activant les mécanismes disciplinaires prévus par les statuts du parti. Ce n’est qu’en 2025 que Hicham El Mhajri a été réhabilité et réintégré au sein du bureau politique du PAM.
«Le PAM est un parti démocratique qui respecte le droit à la différence. Je continuerai toujours à exprimer librement mes opinions», avait-il alors déclaré à la presse.




