Aïd al-Adha: Aziz Akhannouch accuse le PJD d’avoir politisé la question du mouton

Aziz Akhannouch, chef du gouvernement, devant les élus de la Chambre des représentants, à Rabat le 8 juin 2026. (Y.Mannan/Le360)

Le 08/06/2026 à 21h41

VidéoLe chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a vivement critiqué, ce lundi à la Chambre des représentants, l’attitude de l’opposition, en particulier celle du Parti de la justice et du développement (PJD), qu’il accuse d’avoir exploité politiquement la question de l’Aïd al-Adha. Une sortie intervenue lors de la séance mensuelle consacrée à la politique générale, dédiée cette fois à l’éducation nationale.

Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a dénoncé, ce lundi devant la Chambre des représentants, l’attitude de l’opposition, en particulier celle du Parti de la justice et du développement (PJD), qu’il accuse d’avoir instrumentalisé récemment «la question de l’Aïd al-Adha» à des fins politiques.

Intervenant lors de la séance mensuelle consacrée à la politique générale, dédiée à l’éducation nationale, Aziz Akhannouch a reproché à certains députés de l’opposition d’avoir transformé un sujet social et religieux en argument politique contre le gouvernement.

Sans citer nommément le PJD, le chef du gouvernement a déclaré que «la politisation par quelques frères de ce jour-là, pourtant jour de fête, a été exploitée faute d’absence de programme électoral».

Sur un ton dur, Aziz Akhannouch a poursuivi ses critiques, toujours sans désigner directement le parti concerné. Selon lui, «ils n’ont pas de programme sauf le mouton, ils résument le développement de notre pays au mouton».

Le chef du gouvernement a ensuite semblé viser plus directement Abdellah Bouanou, député de Meknès et membre du secrétariat général du PJD, sans toutefois le nommer explicitement. «Monsieur le député de Meknès, arrivé dernier aux élections législatives de 2021», a lancé Aziz Akhannouch, en allusion au parlementaire du PJD.

Cette sortie intervient dans un contexte marqué par les critiques de l’opposition autour de la gestion du dossier de l’Aïd al-Adha, notamment après les difficultés, liées aux prix des bêtes, rencontrées par de nombreux citoyens sur les marchés nationaux. Le sujet a été largement utilisé par les groupes de l’opposition pour dénoncer la cherté de la vie et interpeller le gouvernement sur le pouvoir d’achat des ménages.

Aziz Akhannouch a, pour sa part, rejeté cette lecture politique, estimant que l’opposition cherche à exploiter un moment religieux et social à des fins partisanes.

En ramenant le débat sur l’Aïd al-Adha au terrain de la confrontation politique, Aziz Akhannouch a voulu retourner l’accusation contre le PJD et l’opposition. Mais cette passe d’armes confirme surtout que la question du pouvoir d’achat, même lorsqu’elle prend la forme très concrète du mouton de l’Aïd, reste l’un des sujets les plus inflammables du débat parlementaire.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 08/06/2026 à 21h41