Laâyoune: le futur plus long pont du Maroc dépasse les 50% d’avancement, une prouesse à 1,4 milliard de dirhams

Les travaux de construction du pont de l'Oued Sakia El Hamra à Laâyoune, futur plus long pont du Maroc, ont franchi le cap des 50%. (H.Yara/Le360)

Le 25/07/2026 à 14h45

VidéoLe chantier du pont sur l’Oued Sakia El Hamra à Laâyoune, appelé à devenir le plus long ouvrage d’art du Maroc, a dépassé les 50% d’avancement. Mobilisant 850 ouvriers et techniciens, ce pont de 1.560 mètres entre dans une phase décisive avec la réalisation de son tablier en béton précontraint. Conçu pour durer un siècle, il renforcera la voie express Tiznit-Dakhla et le développement économique de Laâyoune.

Les travaux se poursuivent à un rythme soutenu et 24h/24 sur le chantier de construction du plus long pont du Royaume, surplombant l’Oued Sakia El Hamra dans la ville de Laâyoune. «Le projet enregistre désormais un taux d’avancement dépassant les 50%», confirme Mbarek Fancha, directeur central du projet de la voie express Tiznit-Dakhla. Le chantier entre ainsi dans sa phase architecturale la plus délicate et la plus sensible: la réalisation du tablier du pont grâce à la technique du «béton précontraint».

«Cette étape charnière exige la mobilisation d’équipements exceptionnels et une haute expertise en ingénierie, compte tenu de son impact direct sur la solidité et la durabilité de l’ouvrage», explique le responsable.

Le chantier connaît une mobilisation humaine impressionnante atteignant 850 travailleurs, dont plus de 35 ingénieurs et experts. Ces équipes mènent une course contre la montre selon un système de travail continu articulé autour de 3 équipes de roulement, afin de respecter les délais contractuels tout en garantissant les normes de qualité et de sécurité les plus élevées.

Dans une déclaration pour Le360, Mbarek Fancha a passé en revue les rudes défis climatiques et naturels auxquels sont confrontées les équipes techniques dans la région. En tête de ces contraintes figurent le taux élevé de salinité qui affecte les matériaux et les structures, les vents violents ainsi que les températures élevées, sans oublier les difficultés liées à l’ensablement, notamment lors des interventions à des hauteurs vertigineuses atteignant 50 mètres.

Il a souligné que le franchissement de ces obstacles a imposé l’adoption de solutions techniques avancées et un soutien logistique permanent.

Fancha a évoqué les données techniques et les dimensions de l’ouvrage. Il a indiqué que le coût global de réalisation du pont s’élève à 1,4 milliard de dirhams. Il a précisé que cet ouvrage monumental s’étend sur une longueur de 1.560 mètres pour une largeur de 21,4 mètres.

«Les travaux des fondations profondes ancrées à 50 mètres sous terre sont désormais achevés. Ces spécifications techniques s’inscrivent dans la vision retenue pour l’ouvrage afin de lui assurer une résistance et une pérennité d’au moins 100 ans», explique à son tour Mohamed Belfarhounia, responsable de l’aménagement du pont.

Ce projet structurant s’inscrit dans le cadre du modèle de développement global lancé par le roi Mohammed VI en 2015 dans les provinces du Sud. Il constitue un maillon essentiel de l’artère routière de la voie express Tiznit-Dakhla.

Il est attendu que ce pont contribue à réduire les distances et à fluidifier le trafic. Il renforcera ainsi le positionnement de Laâyoune en tant que pôle économique reliant le nord et le sud du Royaume, tout en offrant une ouverture par voie terrestre sur la profondeur du continent africain. Cela intervient en parallèle avec les progrès tangibles observés sur le chantier du port Dakhla Atlantique. Ce port est appelé à devenir le principal accès maritime vers l’Afrique subsaharienne.

Par Hamdi Yara
Le 25/07/2026 à 14h45