Cher Aziz,
Je suis profondément touché par ta réaction à «ma Lettre aux Marocains.»
Elle me donne le sentiment qu’un courant d’amitié est peut-être en train de naître entre nous, algériens et marocains pacifiques.
J’espère qu’il grandira rapidement, car il répond à une attente ancienne, trop longtemps étouffée.
Peut-être finira-t-il aussi par adresser aux dirigeants algériens un message simple, celui-là même que le peuple algérien lui lança, au lendemain de l’indépendance, durant ce que l’on a appelé «l’été de la discorde», lorsque les vainqueurs se déchiraient déjà pour le pouvoir:
«Sebaâ snine barakat! Sept années de guerre, cela suffit! Nous voulons la paix.»
Aujourd’hui encore, ce cri conserve toute sa force.
Nous voulons la paix entre nous, avec le Maroc. Ici et maintenant. Nous voulons la paix avec tous nos voisins. Nous voulons la paix avec tout le monde.
Il est temps de cesser d’insulter l’histoire, de maltraiter le présent et de confisquer l’avenir.
Avec toute mon amitié,
Boualem




