Une vidéo choc épingle les conditions de vie des animaux au zoo de Rabat

L'entrée du Jardin zoologique de Rabat.

Le zoo de Rabat se retrouve sous le feu des critiques après la diffusion d’une vidéo réalisée par un militant espagnol. Images à l’appui, celui-ci pointe du doigt certaines conditions de vie des animaux et relance le débat sur la gestion et le suivi du Jardin zoologique de Rabat.

Le 24/07/2026 à 09h46

Largement diffusée sur les réseaux sociaux, une vidéo tournée par Mario Xtrauss, créateur de contenu espagnol engagé dans la défense du bien-être animal, suscite un vif intérêt auprès des passionnés de zoos et au-delà.

Dès les premières minutes, le ton est donné. Face à certains enclos, Xtrauss ne dissimule pas son indignation. «Cet animal souffre d’une infection, c’est tragique», lance-t-il à propos d’un éléphant visiblement affaibli. Plus loin, il évoque «un jeune mâle dans un état préoccupant, extrêmement maigre, les hanches saillantes», en désignant un chimpanzé «livré à l’ennui, regardant le temps passer, entouré de clôtures électrifiées».

Mario Xtrauss pointe également des comportements qu’il juge révélateurs de mal-être. «Il frappe contre les vitres pour attirer l’attention», dit-il à propos d’un animal en captivité, tandis qu’un ibis est filmé «en train de jouer avec un plastique ou un morceau de déchet». Les critiques s’étendent à plusieurs installations jugées trop minérales. «La dynamique de ce centre, c’est du béton pur et dur», tranche-t-il, dénonçant aussi «une eau sale, avec des morceaux de pain et de la matière en décomposition» dans certains bassins.

Au-delà de cas particuliers, Xtrauss s’interroge sur la cohérence globale du projet. Le zoo de Rabat, rappelle-t-il, se présente comme un acteur majeur de la conservation, abritant notamment «la plus grande population de lions de l’Atlas au monde», une espèce disparue à l’état sauvage. «Un zoo peut-il devenir un tournant pour la conservation de la faune du pays où il se trouve?», questionne-t-il, tout en estimant que «la promesse de conservation semble surtout servir l’image».

Pour autant, la vidéo ne se limite pas à un réquisitoire. Le youtubeur reconnaît plusieurs points positifs, notamment dans le reptilarium et certaines installations dédiées aux espèces locales. Il salue «une installation immense» pour l’agama, avec «végétation naturelle, zones d’exposition au soleil» et possibilités d’escalade. Les tortues grecques bénéficient, selon lui, d’«un climat idéal, avec cachettes, nourriture abondante», tandis que certaines infrastructures pour reptiles sont jugées «propres» et «globalement adaptées».

Certaines installations se démarquent même nettement. Les tortues radiées disposent d’un espace «super propre, avec des plantes naturelles, une eau très propre et un accès à l’extérieur». De même, l’enclos des macaques de Barbarie est décrit comme «bien adapté», avec «des interactions sociales, des petits qui jouent» et un environnement jugé cohérent avec leur habitat.

Ce contraste traverse toute la vidéo. Xtrauss oppose ainsi des enclos spacieux mais vides – «même si l’espace est grand, il est vide. Imagine passer toute ta vie ici», dit-il à propos d’un rhinocéros solitaire – à d’autres mieux pensés, où les animaux semblent plus actifs.

Autre point soulevé, le manque d’enrichissement pour certaines espèces, notamment les oiseaux. «Ils n’ont rien à faire à part manger», déplore-t-il, évoquant des perroquets maintenus dans des espaces trop densément peuplés. «Ces animaux ont besoin de stimulation mentale, de puzzles, de défis», insiste-t-il, estimant que cet aspect est largement sous-estimé.

Cette vidéo virale intervient comme un signal d’alerte opportun. Elle ravive les interrogations autour d’un parc qui, à son ouverture en 2012, bénéficiait pourtant d’une image positive et d’un réel engouement du public. Plusieurs visiteurs, de plus en plus nombreux à s’exprimer sur les réseaux sociaux, évoquent aujourd’hui une dégradation progressive, avec une diminution des effectifs, un appauvrissement de la biodiversité et des infrastructures en perte de qualité. Autant d’éléments qui appellent à une réaction rapide des autorités de tutelle, en particulier du ministère de l’Agriculture, afin de redresser la situation et redonner au Jardin zoologique de Rabat l’attractivité et le rayonnement qui faisaient sa renommée à ses débuts.

Par Wadie El Mouden
Le 24/07/2026 à 09h46