À l’approche des échéances électorales, les festivals estivaux organisés à travers le pays prennent une tournure nettement politique. De nombreux responsables communaux et élus profitent de ces rassemblements festifs, financés par d’importants budgets publics, pour mener une campagne électorale précoce. Ces manifestations culturelles, sportives et folkloriques, qui mobilisent animateurs, chanteurs et troupes de cavalerie traditionnelles ou d’art populaire, se retrouvent détournées de leur vocation première pour servir les agendas de candidats en quête de visibilité, indique le quotidien Assabah de ce vendredi 24 juillet.
Des acteurs politiques et des membres de conseils communaux dénoncent l’utilisation de ces événements comme leviers de propagande électorale. Les troupes de cavaliers et les artistes folkloriques, particulièrement prisés pour leur ancrage populaire et tribal, sont devenus une véritable carte maîtresse entre les mains de certains présidents de communes. Plutôt que de se limiter aux festivités patronales ou religieuses traditionnelles, ces responsables privilégient désormais les festivals estivaux, perçus comme des vitrines plus rentables financièrement et plus efficaces pour capter et fidéliser l’électorat.
Devant la multiplication des plaintes concernant la gestion opaque des fonds attribués à ces manifestations, le ministère de l’Intérieur est directement interpellé. Des voix s’élèvent pour réclamer l’envoi d’une commission d’inspection générale de la gestion territoriale afin d’examiner en détail l’affectation des sommes allouées, de vérifier les factures et de contrôler le paiement de rémunérations parfois surestimées aux intervenants. Il apparaît en outre que certains élus ne se contentent pas des subventions octroyées par les collectivités locales, mais sollicitent également des financements complémentaires auprès d’autres départements ministériels, accentuant les soupçons d’irrégularités financières, indique Assabah.
Au-delà de la question des finances publiques, les observateurs alertent sur les dérives sociopolitiques de cette politisation des festivités. L’usage d’outils de propagande, tels que la distribution de cadeaux, la prise de parole à des fins d’autopromotion ou la valorisation d’intérêts personnels durant ces événements, menace la cohésion sociale en accentuant les divisions partisanes au sein des populations. Pour préserver la dimension authentique, culturelle et fédératrice de ces rendez-vous estivaux, les spécialistes préconisent une vigilance accrue de la part des autorités locales, mais aussi un engagement ferme de la société civile pour sensibiliser les citoyens et faire barrage à toute instrumentalisation électorale.




